Vous trouverez ci-dessous le texte de l'homélie prononcée dimanche dernier par Monsieur l'abbé PATTYN, en l'église St-Georges, à l'occasion de la fête de la Sainte Famille.
Tous mes remerciements à M. l'abbé PATTYN pour avoir bien voulu le dactylographier et pour son aimable autorisation de diffusion ici même.
Bonne lisure.
XA
************************** St Georges - Sainte Famille - Le 12-01-2003-01-18
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Chers fidèles du Christ,
Bientôt nourris de l’hostie, nous dirons au Ciel, d’un même cœur, et par les lèvres du prêtre, cette magnifique oraison d’après la communion.
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Car la Sainte Famille est source d’exemple pour nous tous, dans l’état où nous sommes. Saint Joseph, comme père, le père nourricier, Sainte Marie, la mère, mère de Dieu, Jésus, le fils, fils de Dieu, fils de Marie, fils de l’homme.
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Pères de famille, ou vous qui assumez par votre état d’homme une forme de paternité dans la société, Saint Joseph est votre exemple, votre patron ; mais plus encore est votre exemple, votre Patron, celui qui transcende toute paternité humaine, Dieu le Père. Comme le disait notre Saint Père le Pape Jean-Paul II, en synthèse du synode des évêques à Rome, dans l’exhortation post-synodale Familiaris Consortio : « En manifestant et en recevant sur terre la paternité même de Dieu, l’homme est appelé à garantir le développement unitaire de tous les membres de la famille. » J’ajouterais « des membres de toute famille, qu’elle soit humaine, sociale ou ecclésiale ».
Et, bien que nul ne soit Père comme l’est Dieu, chers pères, chers hommes, vous devez tendre à vous y conformer, spécialement dans cette double qualité d’autorité et de bonté. Cette autorité du Père qui commande la fuite de la Sainte Famille en Egypte, en raison de sa bonté qui veut les protéger : Saint Joseph qui se conforme à cet ordre par son autorité de père adoptif : il lève aussitôt Marie et Jésus et les mène avec bonté et d’autant plus d’affection sur une terre d’asile et de paix. Cette notion d’autorité tant rejetée, ou bafouée, et même dans nos milieux, chers fidèles, parce qu’elle exige de tous une obéissance et un abandon, mais aussi parce que celui qui la détient doit l’exercer en un sens de service et non de domination. Chers pères, chers hommes, garantir le développement unitaire de tous les membres de la famille, c’est être comme Dieu : Le Père, alpha et oméga, origine et fin de tout, présent à tout et à tous, est pourtant si discret, si effacé ; c’est être comme Saint Joseph, dont on parle si peu et qu’on sait néanmoins très présent à toute la Ste Famille ; c’est Saint Pierre, père de l’Eglise naissante, père du collège des Apôtres, si fougueux et autoritaire, et si bon et discret à la fois. Oui, pères, hommes exerçant inévitablement une forme de paternité dans votre vie, vous devez exercer votre rôle, à l’exemple du Père des Cieux, de Saint Joseph si proche de Lui, d’une autorité qui sache, lorsqu’il le faut, trancher, d’une autorité qui, plus souvent, sert avec bonté, en sachant faire grandir les personnes dont vous avez la charge, en leur restant autant présent qu’effacé.
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Et vous, mères de famille, ou vous, femmes, vous avez pour modèle Marie, Vierge Sainte, Mère de Dieu, épouse de Joseph, et épouse du Saint-Esprit. Vous coopérez donc, et à tous ces titres, tout spécialement à cette œuvre de création du Père, par l’amour. Qui a plus aimé que Marie, ici-bas ? Présente à la crèche, présente à la croix, ne mesurant jamais sa fatigue tant en cherchant son Fils perdu dans le Temple pendant trois jours, que sur le chemin de la Croix. Qui peut dire combien un cœur de mère, un cœur de femme peut aimer, repasser des choses dans son cœur et les méditer, combien elle porte à tout instant son enfant, son mari, ses proches ? Toujours présente pour accueillir, pour nourrir, pour enfanter, physiquement mais aussi spirituellement. Chère mère, une mère n’éprouve pas les douleurs de l’enfantement pas qu’à la première heure de la vie, mais à chaque instant de la croissance de son enfant. Pensez à Sainte Monique qui souffrait comme les douleurs de l’accouchement devant le manque de Foi et les égarements de son fils augustin : en offrant tout, elle le fait naître à la foi, à l’épiscopat, au doctorat, à la sainteté !… Mis au monde par sa mère, l’être humain appelle sa mère à sa mort, spécialement ceux qui souffrent, ceux qui pleurent, spécialement les hommes. L’intimité entre Dieu et Marie, entre Marie et son fils Jésus, puis encore avec Saint Jean et donc avec tout homme, est votre exemple, chères mères de famille, mais aussi femmes au rôle si propre et primordial : votre proximité, votre faculté (ce sixième sens diront certains) à savoir deviner la peine et à savoir la consoler est irremplaçable ! « Femmes, aimez vos maris ; maris, aimez vos femmes », comme dit St Paul. Et je dirais même : « femmes, aimez ; hommes, méritez cet amour » !
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Et vous, chers enfants, adolescents, filles ou garçons, Jésus est votre modèle ; et tous, nous sommes d’abord des enfants d’un père et d’une mère ici-bas, mais aussi du Père des Cieux, en raison de la création et du baptême, et de notre Maman du Ciel, la Sainte Vierge Marie. Chers enfants, Jésus, Tout-Puissant, éternel, a voulu d’abord être enfant, adolescent, jeune homme : il a d’abord voulu obéir. Et pas jusqu’à 12 ans, 15 ans ou 20 ans, mais jusqu’à 30 ans, et même après. En 30 ans, rien d’extraordinaire, pas de plaintes, pas de volonté personnelle qui aille contre l’autorité de Joseph et de Marie, ses créatures. Certes, d’abord obéissant à son Père des Cieux, il demeure au Temple, puisque c’est là sa première maison. Obéissant à St Joseph en tout, « soumis » dit l’Evangile, dès qu’Il sort du Temple. Le servant, l’aidant dans son travail, chérissant aussi sa maman, la présentant ensuite comme le modèle qu’elle est de porteuse, et en pratique, de la présence de Dieu. Chers enfants, souvent, vous n’aimez pas partager un jeu, prêter ou donner un jouet ; vous évitez de donner de votre temps pour le couvert, la vaisselle, ranger votre chambre, ou rendre je ne sais quel service ; enfants, vous aimez qu’on vous laisse en paix, qu’on vous accorde plus de liberté… Et nous sommes tous, chers fidèles des enfants d’un père et d’une mère… Et pourtant vos parents ne vous prêtent rien : ils vous donnent tout, depuis et pendant des années ! Pourtant, vos parents vous rendent service, non un instant, non à l’occasion, mais sans cesse : service 24h/24, 7j/7. En vous élevant vers le bien et en s’occupant de vous, ils se privent de bien des libertés dont vous êtes souvent si demandeurs. Enfants, prenez pour exemple Jésus, le fils par excellence, fils éternel du Père des Cieux, fils de Marie et de Joseph. Aimez vos parents par votre générosité, votre douceur, votre bonne conduite. Avez-vous vu comment un bonjour joyeux le matin, quelques services enjoués, rendent vos parents heureux et vous-mêmes bien plus libres, et tout aussi heureux ? Et puisque Jésus est votre modèle, aidez-vous de celui qu’il met à sa place à vos côtés, ce Jésus de votre temps qu’est le prêtre. Lui aussi qui ici-bas peut et aime vous faire grandir pour votre bien
« Seigneur, faites-nous la grâce d’imiter fidèlement les exemples de votre Sainte Famille. »
Et ainsi, père, mère, homme, femme, enfants, nous trouverons toute joie et toute paix, comme celle qui régnait au sein de la Sainte Famille, qui règne à la perfection au sein de la Trinité, qui doit régner au sein de toute famille, humaine ou ecclésiale.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Abbé T. PATTYN Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre |