Je ne crois pas que Fontgombault ait jamais prétendu participer à la "promotion de la liturgie traditionnelle". Au contraire, que l'on lise les interviews des abbés de Fontgombault, Randol ou Triors - par exemple dans les hors-série de la Nef - on se rend compte qu'ils _utilisent_ la liturgie traditionnelle parce qu'ils la préfèrent (elle conviendrait mieux à un moine bénédictin que la "Paul VI") et parce qu'ils peuvent en user. Ils l'utilisent, ils ne la défendent pas.
Ce faisant, ils subissent un flux de tradis qui se font plus ou moins d'idées sur eux. A Triors, cela semble être surtout de braves fidèles qui aiment ce genre de messe, point (trop loin de Lyon ou de Grenoble pour que les emmerdeurs rappliquent). A Randol, je ne sais pas trop. A Fontgombault, il y a indéniablement un effet de mode beaucoup plus fort qui rameute des tradis versaillais et parisiens. Quant au Barroux, n'en parlons pas ; cette abbaye a, elle, la spécificité d'avoir ouvertement cherché à promouvoir et à défendre le rite de 62 ; et elle se prend depuis le début des migrations tradies à faire frémir. Je connais aussi une abbaye où l'on m'a confié se maintenir à la messe de Paul VI pour éviter de devenir l'un de ces points de ralliement...
Tout cela pour vous dire que ce n'est pas parce qu'un monastère a l'air bien fréquentable par la race à poil ras qu'il y a forcément identité de vues entre l'intérieur et l'extérieur de la clôture. Parmi Fontgombault et ses filles, ce n'est pas forcément le cas, et cela n'a rien de surprenant.
A Triors, le P. Abbé Hervé Courau a été béni lors d'une messe de rite de Paul VI. De même l'abbatiale a été dédicacée lors d'une messe de Paul VI, concélébrée par des dizaines de prêtres et d'abbés, en plus de Mgr Marchand. Dans le temps, à Randol, les messes conventuelles des fêtes des Apôtres étaient, me dit-on, chantées selon le missel de 69. Et dans chaque maison, les prêtres sont libres d'utiliser le missel qu'ils veulent aux messes basses. (Naturellement, c'est le rit de 62 qui prédomine)
Alors ne venons pas faire l'étonné, ou "dégonfler" des choses qui n'étaient pas gonflées et sur lesquelles on ne vous avait pas demandé de vous prononcer. Tout ce que je rapporte ci-dessus est connu depuis belle lurette; et le reste se devinait en lisant les interviews régulières des Révérendissimes concernés.
Croyez bien, Justin, que l'attitude intransigeante et ignare qui anime certains liseurs ici, de la trempe des "adflictés" qui dénonçaient sur leur site que l'on omît les prières au bas de l'autel si Tierce venait d'être chantée, est fort peu monastique. Il est naturel de voir les fils de Dom Delatte faire comme ils font, et vous êtes bien le seul à vous en étonner. Pour moi, Fontgombault ne promeut pas le rite de 62, n'a jamais prétendu le faire (lorsque l'indult n'eistait pas, toutes les messes étaient en rite de 69), et ne le fera probablement jamais. Ce n'est pas tant la querelle de rites qui les intéresse que l'union de l'âme avec Dieu.
A vous de voir si vous avez mieux à faire que du dégonflage
Nelly
PS : vous avez raison sur un point : les rares messes du N.O.M. qu'on peut y voir y sont effectivement magnifiques. |