| Auteur : Justin Petipeu |
| Sujet : UNEC : le cardinal Stickler dit les choses. |
| Date : 2002-12-29 12:35:04 |
AUTRICHE: Le déraillement liturgique de l'Eglise depuis le Concile Vatican II devient de plus en plus évident. Après les cardinaux Oddi, Bacci et surtout Ottaviani, et plus récemment les cardinaux Ratzinger, Daneels et Arinze - celui-ci, devenu fin 2002 préfet de la Congrégation des Rites, accuse le fait qu'il y a aujourd'hui "autant de rites que de prêtres" dans l'Eglise - , c'est le cardinal Stickler, 92 ans, qui lève puissamment sa voix de Rome. Aux prêtres du diocèse de Linz en Autriche, il a expliqué, dans un long discours, que le Nouvel Ordo Romain est en très grande partie non seulement non conforme, mais directement contraire aux directives aussi bien du Concile Vatican II lui-même, que de la Commission Liturgique du Concile dont il était un des trois "periti" (conseillers). Le NOM aurait été concocté par un "Consilium" nommé après le Concile par le pape Paul VI, différent de la Congrégation des rites qui fut tenue à l'écart, sous la direction du cardinal Lercaro et du fameux Père Bugnini, pour produire très vite - trop vite - un Ordo "révolutionnaire", en "rupture" avec la Tradition liturgique de la Sainte Eglise, une "création radicalement nouvelle", un Ordo en contradiction avec lui-même en "désordonnant" la liturgie catholique dans le monde. Et il s'en est prit à tous ces sujets classiques que déjà l'autrichien Mgr Klaus Gamber avait révélés dans une étude critique historique et dogmatique de la nouvelle liturgie: on aurait largement tué le silence dans la liturgie, supprimé les symboles de son mystère, notamment les génuflexions, les prière à genoux, les baisers de l'autel par le prêtre, les signes de croix, l'orientation du prêtre vers l'orient, la place centrale du tabernacle, le banc de communion, voire les mots "mysterium fidei" dans la vénérable formule du canon venue des apôtres, le chant grégorien ("tué par une épidémie pratiquement mortelle"), le latin, les lectures, les anciens chants sacrés de l'Introït, de l'Offertoire, du Graduale et de la Communio, l'année liturgique, l'immuabilité du canon et du reste de la Messe, l'orgue, le confessional, l'ancien calendrier,la piété populaire... Aucun autre pape, même pas les saints papes Pie V et Pie X, n'aurait osé de telles mutations profondes, se limitant à de simples "corrections, adaptations et enrichissements" de ce qu'il y a le plus sacré dans la religion catholique: la transmission des sacrements institués par Notre Sauveur. Il accuse la "réorganisation du centre même de la messe, en le déplaçant de l'action sacrificiel vers la communion". La messe est devenue "un palabre humain sans fin", faisant que l'élément humain "tue l'élément divin" en remplissant le coeur et l'âme du vide et de la désolation - et en désemplissant les églises. Pour le latin, par exemple, le cardinal se rappelle que le Concile Vatican II était absolument en faveur de son maintien pendant la messe, à quelques rares exceptions près. Ainsi, lors de quelques propositions liturgiques plutôt radicales à ce sujet, un évêque sicilien se serait levé au Concile en brandissant le danger que toute la messe serait bientôt célébrée "dans la langue du peuple", ce qui aurait provoqué un éclat de rire général des pères du Concile. Le principe de garder le latin aurait été voté par le Concile avec 2152 voix pour, et 4 voix contre. Selon le cardinal, le latin, au-delà de sa précision pour définir la foi et son caractère unitaire pour l'Eglise universelle, garantit le caractère mystérieux du Saint Sacrifice, un peu comme l'iconostase chez les orientaux. En le supprimant, on a "profané" la messe, en la rabaissant à un "spectacle interactif humain, un happening". Il s'en prend également au "pro multis", remplacé par "pro omnibus" dans le nouveau canon, ce qui, selon le cardinal, représente "un obscurcissement conscient de la vérité". Bref, il considère le Nouvel Ordo, quoique "dogmatiquement et juridiquement valide", comme le produit d'un "péché contre nature". Le cardinal souhaite qu'on revienne à l'ancien rite qui révèle si puissamment que l'Eglise n'est pas notre maison, mais que c'est le Fils de Dieu qui nous y invite. Devant ce qu'il appelle "les ruines d'une Tradition de 2000 ans", il cite l'expression sévère du cardinal Daneels de Belgique: "C'est Jésus Christ qui est le maître de la maison, et non pas nous !" - (ru; cf DHL97, KN 26.12.
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