Mon collègue organiste, qui n'avait jamais vu de messe traditionnelle, en était impressionné positivement.
A Guingamp ce matin, c'était la "KT-MESSE", autrement dit à traduire par messe des enfants du catéchisme. Super comme spectacle, mais je préfère aller au théâtre : je ne perdrais pas mon temps à geindre dans mon coin.
M. le curé-archiprêtre célébrait. Un théologien de 50 ans qui dirige la paroisse depuis 5 ans et se laisse gouverner par ses bonnes femmes et ses bons hommes (le pouvoir des laïcs) : le totalitarisme moderniste. Les enfants étaient accroupis sur des tapis devant le choeur pendant la messe. Le curé introduit pour faire plaisir aux enfants : "c'est un repas, c'est une table". Super ! Le cardinal Ratzinger a dû entendre ses oreilles siffler, le pauvre ! Jésus nous invite à partager le repas, nous invite à son festin. Tout le monde s'asseoit au moment qui correspond dans une vraie liturgie au Kyrie. Après, une "diva" vient chanter devant l'autel "Heureux celui qui écoute la parole, heureux celui qui accueille Jésus-Christ". L'ami Jésus nous parle, mangeons sa parole qui est notre pain, pour résumer.
Je passe le Gloria : "Louange et gloire à Ton nom, alléluia, alléluia" avec les mains en l'air comme "ainsi font font font les petites marionnettes" en guise de Gloire à Dieu...
L'Evangile : cette parole vivante de Dieu, le curé ne le chante plus depuis des lustres dans le rit guingampais et le nouveau rit moderniste mondial en général ! Non mais il la lit avec des intonations qui feraient frémir dans sa tombe Marivaux. L'Evangile des Folles était à l'honneur. Des gamins arrivaient avec une lampe à huile devant l'autel (les pauvres, on s'en sert vraiment comme des pions sur un jeu d'échecs ! et là, c'est vraiment un ECHEC).
Homélie. Tous les enfants assis sur le tapis. M. l'archiprêtre fait une homélie tellement soporifique que j'en profitais pour faire un petit somme (la veille je revenais de Paris et nous avions été coincés une heure dans le tunnel après Montparnasse car le TGV avait percuté quelque chose). Je ne saurai pas vous dire de quoi il a parlé, c'était un somnifère de qualité en tout cas.
L'animateur d'ailleurs fredonnait les chants pendant que l'organiste donnait le ton. Entre le couplet et le refrain : "tous ensemble". Youpi !
Offertoire. Les enfants de choeur étaient déroutés les pauvres, d'autant plus que je n'était pas derrière eux pour les aider comme à mon habitude. Le curé, m'a dit l'un d'entre eux, n'a même pas fait le LAVABO ! Cette messe est-elle donc valide canoniquement ? "Tu es béni Dieu de l'univers etc. etc. " interrompt l'orgue.
Au Sanctus : "Merci, Dieu merci". On le maltraite tellement ! Les enfants accourent alors tous autour de l'autel. La cohue. On dirait les supporters d'un match agglutinés autour de leurs joueurs favoris.
"... ceci est mon Corps livré pour vous". Et le prêtre de rajouter : "c'est Jésus qui est devant nous, nous allons nous incliner" (surtout pas d'agenouillement, c'est dans les règles du Missale Guingampum). Pareil après la consécration du Précieux Sang. Anamnèse : "Marana tha, viens Seigneur viens... Merci, Dieu merci" (ya, ya youpi youpi ya qu'on pourrait ajouter). Je sentais presque une calotte juive me pousser sur les cheveux. Communion. Bons hommes et bonnes femmes viennent aider le curé, comme le demandent les normes liturgiques en vigueur selon le Missel guingampais. "Entre nos mains, Tu es le pain". Moi, je croyais que c'était le Corps sacré de Notre Seigneur. Nan ! J'ai fait faute : c'est un bout de pain ! Telle est la théologie paroissiale du Concile Guingamp II. Le Sacré-Collège laïcard local a imposé sa théologie face à nous, vulgaires intégristes de malheur qui sommes fidèles à l'Eglise romaine. L'anathème local est lancé sur nous par la cardinale Anna, du KGB paroissial et les autres sbires du néo-magistère guingampais.
Sortie : "Tous les arbres ne sont pas plantés... tagada tagada tsoin-tsoin, tous les grains ne sont pas semés". Franchement, c'est eux qui se déplantent totalement.
Hérésie, hérésie, hérésie. Que dire d'autre !
Une messe à Guingamp, un dimanche de novembre 2002. Rien à dire... Le coeur me fait mal rien que d'y penser, pas pour moi forcément, mais pour ceux qui subissent ces cataclysmes sans rien dire et ceux qui croient que c'est bien sans comprendre les horreurs qui se déroulent devant eux !
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