Tests ADN dans le reliquaire de Sainte Brigitte, "patronne" de l'Europe
Le reliquaire de Sainte Brigitte de l'église de Vadstena va être ouvert mardi afin de procéder à des analyses de l'ADN des ossements qu'il contient, qui devraient permettre d'identifier plus précisément à qui ils appartiennent, ont indiqué les chercheurs. Birgitta Birgersdotter (1303-1373), veuve et mère de huit enfants, avait fondé en 1346 le couvent de Vadstena (centre de la Suède), et l'ordre des brigittines, encore actif de nos jours à Rome, en Inde ou au Mexique. Ses restes ont étés ramenés, après sa mort à Rome, à Vadstena, où ils ont été déposés en juillet 1374.
Le pape Jean Paul II, qui avait visité Vadstena en 1989, l'avait choisie en 1999 comme patronne de l'Europe. Il a émis le désir de retourner dans cette ville le 1er juin 2003, à l'occasion des célébrations du 700e anniversaire de Sainte Brigitte.
Selon la tradition, les restes de sa fille Katarina, première abbesse de Vadstena, ont été ajoutés en 1389, de même que ceux, au début du XVIe siècle, de Sainte Ingrid, fondatrice d'un autre couvent des environs.
Mais l'un des crânes contenus dans le reliquaire a été dérobé par un maître de ballet de la suite de la reine Christine (1632-1654), et s'est retrouvé dans un couvent hollandais.
"Nous saurons ainsi si Birgitta est ici ou en Hollande", a noté Marie Allen, chercheur en génétique et en pathologie au laboratoire d'Uppsala (70 km au nord de Stockholm), responsable des recherches actuelles.
Elle va chercher des mitochondries d'ADN sur les ossements. "Il y a de fortes chances d'en trouver même sur des matériaux anciens. De plus, ils se transmettent de la mère à l'enfant. Cela veut dire que si les deux crânes ont le même ADN, cela plaide pour que ce soient bien les crânes de Birgitta et de Katarina qui sont ici", a-t-elle expliqué au quotidien Dagens Nyheter.
Si ce n'est pas le cas, "cela nous poussera à regarder de plus prêt le crâne en Hollande", a-t-elle ajouté.
Une précédente étude menée il y a une cinquantaine d'années avait conclu que les crânes appartenaient à deux femmes mortes respectivement à 70 et 50 ans, mais n'avaient pas pu établir s'il s'agissaitt bien de la mère et de la fille.
Canonisée en 1391, Birgitta, ou Sainte Brigitte de Suède en français, est considérée comme la patronne de la Suède, et est notamment très populaire dans le nord de l'Europe, en Allemagne, en Hongrie et en Pologne.
La Suède, pays protestant depuis le début du XVIe siècle, compte avec environ 160.000 fidèles la plus importante communauté catholique d'Europe du Nord.
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