Chers amis,
La question et les interrogations que vous vous posez sur les critiques et la campagne de dénigrements dirigées contre l'attirude du Vatican face au Nazisme et durant la deuxième guerre mondiale méritent d'être sans cesse réexaminée avec toute la sagacité de l'hitorien honnête et le désir légitime de savoir tant du croyant que de "l'honnête homme".
Merci à X. A. d'avoir rectifié l'auteur de l'Encyclique en allemand: Mit Brennender Sorge (Pie XI) mais à laquelle le cardinal Pacceli (futur Pie XII) semble avoir pris une part imprtante dans la rédaction. Cette encyclique se lit en français sur internet sur un site qui comporte les bons textes (Ignorant tout des bonnes pratiques de ce forum je ne me permets pas de le citer in-extenso "mais un peu de courage vous le fera trouver" comme l'écrivait sagement ce bon monsieur de La Fontaine.
La question soulevée est beaucoup plus large et vise l'attitude du Vatican et des Catholiques en général face au nazisme. Pour avoir travaillé sur ce problème (en théologien et historien) qu'il me soit permis de dire qu'il est une grande complexité et qu'au final, et contrairement aux allégations d'un certain évêque que ce forum ne semble pas apprécier, ni les catholiques, ni l'episcopat ne doivent se sentir honteux.
Permettez-moi de donner de brefs exemples:
1) Pour ce qui est de la complexité des faits et des hommes la cas de Mgr. piguet de Clermont-Ferrand me semble démonstratif. Il fut condamné par contumace, à la Libération, pour vichysme en raison de ses sympathies pour le Maréchal Pétain. Soit, mais pourquoi par CONTUMACE? Par ce qu'il était encore en déportation aprés avoir été arrêté par les allemends pour avoir aidé des juifs cequi vient de lui valoir à titre posthume la Médaille Yad Vashem!
2) A ce propos les ouvrages de Mgr. Charles Molette qui, curieusement, ne sont que rarement cités en particulier par la hiérarchie catholique actuelle, éclaire notre propos de la lumière de vérité des faits. Cet auteur parlait de la honte de nos martyrs pendant la deuxième guerre pour s'en offusquer! Lire ses ouvrages aux titres éloquents tels que: " Résistances chrétiennes à la nazification des esprits", "En haine de l'Evangile", "Les Prêtres les Religieux et les Religieuses sous la Résistance"...
3) Deux dossiers remarquables et trés documentés sur le sujet en particulier sur l'attitude de Pie XII sont à lire dans l'excellente revue Histoire Magazine sous la direction de M. Riou, vous trouverez tout sur la question.
4) Enfin deux exemples personnels: a) L'un de mes amis d'origine juive aime à raconter comment tous les membres de sa famille, nombreuse, furent épargnés pendant l'occupation car à chaque alerte de raffles ou de descente de police il y a toujours eu de multiples personnes pour les avertir et les aider à temps et ce dans plusieurs villes. b) J'ai personnellement connu toute un famille de commerçants juifs, chez qui ma mère achetait mes habits d'écolier, dans une petite ville de l'est de la France (zone libre) qui devait la vie à une communauté de religieux qui l'avait cachée pendant toute la guerre sans personne pour les dénoncer!
Reste la fameuse encyclique dite "cachée" de Pie XI que Pie XII aurait refusé de publier. L'une de ses moutures est disponible chez un éditeur français (1995). Si vous la lisez attentivement, c'est un ouf! de soulagement que vous pousserez, car on imagine ce que le nazis auraient pu trouver comme arguement pour continuer leurs crimes odieux. Le silence actif mérite d'être sérieusement pris en compte pour un période aussi sinistre et brutale.
Un dernier exemple pour ouvrir encore un peu plus la reflaxion, celui d'Honoré d'Estiennes d'Orves, fusillé avec ses compagnons au Mont Valérien au tout début de l'occupation. Sympathisant de l'Action Française il quitta son navire de la Flotte française en Orient pour rejoindre aux premières heures le Gal. de Gaulle. Trahit par son radio il fut pris en Bretagne. Tout le réseau qui le soutenait, gens de toute condition, était catholique pratiquant, et lui-même comme ses deux autres compagnons fusillés en même temps que lui, fit l'admiration des autres détenus et de l'escouade allemande qui exécuta la besogne par son courage puisé dans ses convictions patriotique mais plus encore dans sa prière et dans sa foi.
Excusez-moi d'avoir été si long mais les faits sont têtus et nous n'avons pas à rougir d'être catholiques.
Bonne soirée et que la paix du Christ vous garde tous durant cette nuit.
Dom Corylus de Hazel
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