PARIS (AFP) - Sur réquisition des autorités religieuses, les quelques 200 immigrés sans papiers qui occupaient depuis samedi, 19H00, l'église St Jacques-St Christophe de la Villette, dans le 19è arrondissement parisien, en ont été évacués sans incident par la police peu avant 0H00 heure.
la Préfecture de police (PP) précise dans un communiqué que "le samedi 2 novembre 2002, vers 19H00, alors que débutait l'office à l'église Saint Jacques Christophe de la Villette, sise 158 rue de Crimée, 19ème, une centaine de personnes ont investi l'église en vue de son occupation".
"Dès l'office terminé, poursuit le texte, le prêtre a invité les personnes à mettre fin à l'occupation. Les négociations se sont poursuivies jusqu'à 23h30. Constatant que le départ ne serait pas effectué sur une base volontaire, les autorités religieuses ont délivré une réquisition aux autorités de police. C'est au vu de cette réquisition que les services de police ont procédé à partir de 23h35 à l'évacuation des occupants. Cette opération s'est déroulée sans incident." De son côté, le porte-parole des occupants, Joseph Bucher, a confirmé que l'évacuation s'était déroulée sans incidents et sans interpellations après l'échec des négociations avec les autorités religieuses.
Les sans-papiers, au nombre de quelque 200, hommes, femmes et une trentaine d'enfants, originaires notamment d'Afrique et d'Asie, réunis en assemblée générale au moment de l'intervention de la police, avaient décidé de quitter les lieux, "se refusant à tout affrontement avec les forces de l'ordre".
Cette occupation avait été décidée à la suite de la manifestation parisienne, organisée samedi par la Coordination nationale des sans-papiers, qui a réuni 1.300 personnes, selon la police, entre les places de la Nation et de la République. Les occupants de l'église Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villette entendaient au début de leur action "ne plus bouger" de ce lieu de culte catholique qui se trouve à proximité du canal de l'Ourcq. "Nous n'avons plus le choix, il ne nous reste plus que les églises pour faire entendre notre voix", avait déclaré le porte-parole des sans-papiers, Joseph Bucher.
Par cette action, les occupants demandaient "la régularisation globale de tous les sans-papiers", s'opposant ainsi à la politique dite de "régularisation au cas par cas", décidée par l'actuel gouvernement. De nombreux Africains, Chinois et Maghrébins avaient participé samedi après-midi à la manifestation parisienne des sans-papiers, ainsi que des représentants de Lutte Ouvrière (LO), du syndicat Sud, du PCF et de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
Le communiqué de la PP rappelle enfin que "dans le cadre des orientations fixées par le ministre de l'intérieur, de nombreuses réunions de travail ont lieu entre ses services et les représentants des demandeurs de papiers en vue de l'examen au cas par cas des situations. Dans ce contexte toute occupation ou action de ce type n'a aucune utilité". Ce qui n'est pas l'avis des occupants de St Jacques de la Villette qui promettent "de nouvelles actions dans les jours qui viennent".
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