| Auteur : Marc JOUVE |
| Sujet : Redonner à la Toussaint sa dimension de Joie et d'Espérance |
| Date : 2002-10-29 19:54:23 |
Il me semble que la falsification d'Halloween s'est introduite d'autant plus facilement dans les esprits, y compris ceux de certains chrétiens qui n'y voient qu'une façon inoffensive et drôlatique d'occuper les vacances scolaires de leurs bambins, que la vraie nature, joyeuse et triomphante, de la fête de la Toussaint a été occultée par la pratique populaire consistant à honorer les tombes des anciens le 1er novembre, jour férié, au lieu de le faire le 2, jour liturgique de la commémoraison des défunts. C'est au point que les gens les moins au fait des usages catholiques croient vraiment que la Toussaint est le jour des morts ! Et même chez les pratiquants instruits par le catéchisme de la distinction à opérer entre les deux, je constate très souvent une tendance, peut être pas toujours consciente, à vivre le 1er novembre comme une fête "triste", lourdement marquée par la visite au cimetière. J'ai entendu des parents réprimander leurs enfants parce qu'ils étaient trop turbulents un "pareil jour". J'ai vu des paroissiens prendre des mines de circonstance à la sortie de la messe (toujours le 1er novembre) en évoquant les morts de l'année et ceux à venir.... La proximité de ces deux jours liturgiques a été voulue par l'Eglise pour manifester la réalité de la "communion des saints", de l'unité qui existe entre Eglise militante, Eglise souffrante et Eglise triomphante, du devenir des âmes du purgatoire, destinées à accéder au Royaume. Malheureusement, cela a entraîné la confusion que j'évoquais plus haut, a assombri la perception qu'ont les fidèles de la Toussaint, grande fête qui doit surpasser dans leur coeur et dans la pratique liturgique paroissiale, comme elle le fait dans le calendrier romain, la journée du 2 novembre. Dommage de voir que, dans certaines paroisse tradi, il y aura messe solennelle pour le 2 et simple messe chantée pour le 1er. Cette hiérarchie étonnante est contraire à l'esprit liturgique. Certes, si on peut avoir diacre et sous-diacre aux deux messes, c'est excellent mais si on doit faire un choix, il faut privilégier la Toussaint ! Et puis, il faut envisager de marquer la joie de cette fête par une profusion de fleurs, de musique d'orgue triomphante (pourquoi pas avec trompette), il faut sortir des ornements dorés et s'inspirer de ce que l'on fait à Pâques plutôt qu'à la liturgie du Carême ! Il faut redonner aux fidèles l'habitude de se préparer à une fête dont les retombées profanes licites (réjouissances familiales dans la mesure et la dignité doivent elles aussi s'inspirer de Noël et de Pâques : Pourquoi avoir la plupart du temps évacué toute idée de grand repas de famille dans certains milieux ? Parce qu'on va au cimetière l'après-midi avec le pot de chrysantème ? Alors il faut se débrouiller pour y aller un autre jour, si possible le 2, surtout si c'est un week-end comme cette année ! Il est presque choquant que les rites funéraires familiaux aient lieu le jour de la Toussaint, donnant l'impression que les défunts de la famille sont fêtés ce jour-là ! C'est au prix d'un retour à une vraie fête pleine d'allégresse, et sans bien sûr supprimer la vénérable tradition de l'hommage et de la prière pour les défunts (surtout par la messe, qui est source de grâce particulière pour les âmes du Purgatoire) que l'on pourra rejeter avec succès, au moins dans nos familles chrétiennes, la pitrerie d'Halloween qui a profité de la sinistrose ambiante des fins octobre pour apporter son paganisme en apparence rigolard, en réalité maléfique et démoniaque. |
|