Je réitère ce que j'ai dit Mercier : degré zéro de l'écriture et, sans doute, de la pensée... Voici ma réponse à Sombreval... Continuez de vous amuser : vos débats métaphysiques, par la hardiesse de leur raisonnement et leur haute tenue stylistique, intéressent probablement les anges... parce que les hommes... Des hommes creux et bavards... Lisez T. S. Eliot, cela vous changera de vos sirops douceâtres...
Quelques précisions Sombreval, puisque les indélicatesses coutumières de Torquemada ont éventé la coquille Cénabre, qui ne me représente guère, dois-je le préciser… J’aime assez jouer de masques tel Pessoa… Passons… Je te réponds point par point : Dieu seul, n’est-ce pas, dira si Dialectique a de l’avenir ou pas, certainement pas toi… J’ai d’ailleurs entendu tout un tas de petits roquets qui, mille et mille fois, ont annoncé la mort de Dialectique qui, au passage, puisque tu n’as pas l’air de bien connaître notre travail, n’est pas ma revue mais celle de l’ami Gaël Fons… Dialectique existe depuis des années et continuera de le faire sans toi… Fons n’est pas un allié mais un ami, horripilé d’ailleurs, tout comme moi, par la légèreté avec laquelle tu t’es engagé puis dédit… J’aime assez les écrivains, fussent-ils thésards, qui ont quelque chose dans les tripes, en tout cas assez de courage pour, le cas échéant, dire à temps les raisons qui t’ont poussé à ne PLUS écrire… Ce procédé même est minable : quels que soient les critiques dont Dialectique puisse s’honorer, je ne vois guère quelle justification avancer pour refuser d’écrire… Puisque tu as l’air de croire que nous avons besoin de toi pour redresser l’étiage de notre revue, que n’as-tu écrit ? Contradiction pour le moins flagrante : je flaire surtout une grande trouille et, encore plus, une immense paresse intellectuelle… Toute parole qui se risque a la clarté d’un éveil : où est le risque dans ce que tu écris ? L’intellectuel qui ne risque rien, comme toi, n’es donc qu’un porc… Et de quel risque suis-je en train de parler ! Dieu, croyais-tu être fusillé en écrivant pour Dialectique… ? Je n’ai pas d’œuvre contrairement à ton ironique remarque, même si j’ai écrit un livre sur Steiner : je ne m’en vante pas mais te demande, une fois de plus, de parler de ce que tu connais ou de la fermer… Il est vrai que j’ai pu constater avec surprise et amusement quelques amusantes négligences littéraires, par exemple sur Bernanos… Etrange pour le moins, bien étrange pour un thésard maistrien… Je ne suis pas, de la même façon, un philosophe et ne l’ai jamais prétendu… Je passe sur tes remarques grotesques : il me semble que, indécrottable optimiste, c’est toi qui a dû goûter le cul de nombreuses petites pisseuses… Continue donc, cela est un amusement facile et sans risque… au moins spirituel… J’en arrive à ma problématique qui, oui, concerne le Mal, tout du moins sa figuration dans les œuvres d’un Bernanos, d’un Bloy, d’un Hello, d’un Barbey… mais aussi chez Faulkner, Trakl ou Sabato… Mon champ est donc vaste et j’ai longuement étudié la figure du démon dans la littérature et la démonologie… Je ne critique pas ton sujet, puisque j’ai lu les auteurs que tu évoques et quelques autres, comme Boullan que tu ne connais certainement que de seconde main… tâche donc de faire la même chose avec le mien, de le respecter donc : je pense juste que ton petit article (ton extrait de mémoire devrais-je dire) ne vaut guère que devant un jury de maîtrise… La même chose pour tes recensions de livres : ce n’est pas de la critique, juste une agréable bluette légèrement informative… La critique est une réponse d’auteur à auteur, une percée dans le sens du mystère de l’œuvre… Ce que tu as écrit, au mieux, pourrait trouver place dans Télérama… je dis : au mieux… C’est là que ma recherche n’a strictement plus rien à voir avec la tienne : ta petite science universitaire m’amuse car elle est sans aucune portée… Toi qui sembles pourtant avoir lu Maistre, tu aurais sans doute dû méditer utilement ce qu’il a dit du Mal, mystère d’iniquité et schisme de l’Etre… La même chose pour Bloy, comme l’a d’ailleurs admis Pierre Glaudes avec qui j’ai échangé à ce sujet : ne pas comprendre cela, c’est, tout simplement et stricto sens, être un crétin de la pire espèce, l’espèce optimiste… La même chose pour Bernanos et Hello et combien d’autres : je ne l’invente pas, la littérature n’a d’autre sujet, si elle veut être grande, que d’aborder le Mal, quel que soit d’ailleurs le parcours de l’auteur… Je suis humble dans cette recherche, bien évidemment risquée et en aucun droit petit sot puis-je te permettre de t’immiscer dans ma quête, grossièrement taxée de gnosticiste… Disons plutôt que je ne me voile pas les yeux en faisant le beau devant les cocottes de rallye, proies au demurant faciles et vite consommées… Dernier mot : le courage dont tu as fait preuve en « zappant » notre échange est pitoyable : non, jamais je n’aurais accepté de flairer dans Dialectique un petit trouillard qui n’a pas même le cran de me répondre intelligemment, argument contre argument (car il y avait une critique de fond dans mes attaques, bien évidemment…d’ailleurs tu le sais). Lorsque que quelqu’un m’attaque, sur mes plattes-bandes devrais-je dire, je me fais un plaisir de le renvoyer intelligemment, en lui fermant le bec donc… Qu’as-tu fait ? Tu es un pleutre voilà tout : ce trait de femmelin explique sans doute le reste. C’est donc cela le courage de l’intellectuel catholique ? Je ne crois pas. Tu n’es probablement ni l’un ni l’autre, ni intellectuel ni même catholique mais un petit roquet qui écrit assez mal et dont la lecture ravit quelques jeunes moustachues… Rien de bien grave en somme, tout ce qu’il y a de plus inoffensif… mais aussi, tout ce qu’il y a de moins réellement chrétien dans sa volonté de refuser les gouffres, un gandin paradeur qui refuse de voir la pourriture en parfumant son indélébile sottise d’une fragrance alléchante… Ah oui, cela dût-il contredire la belle théorie littéraire de la réversibilité (en fait non, cela la confirme) mais je dois t’avouer que je me moque comme d’une guigne de tes prières… Les miennes en tout cas, espérons qu’elles te garderont de sombrer dans un amateurisme de la pensée et de la foi… La définition même de la médiocrité en somme…
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