Exposition consacrée aux enfants juifs déportés : l´hommage de Mgr Barbarin
Hier (26 sept. 2002, NDXA) a été inaugurée en gare de la Part-Dieu l´exposition consacrée aux enfants juifs déportés de France. L´occasion pour l´archevêque de Lyon de rendre hommage à la communauté juive.
Serge Klarsfeld en avait eu l´intuition. Il avait pressenti que pour Mgr Barbarin le fait d´inaugurer l´exposition consacrée aux enfants juifs déportés de France irait bien au delà d´une démarche solennelle et d´un geste d´amitié à l´égard de la communauté juive. L´archevêque de Lyon n´a pas déçu puisqu´il s´est inscrit très explicitement dans la succession du cardinal Decourtray. Philippe Barbarin est arrivé à la gare de la Part-Dieu (1) en soutane noire et ceinture violette, une visibilité épiscopale qui indiquait nettement l´intensité de son engagement comme pasteur de l´Eglise catholique " Je me devais de vous visiter et vous écouter à cause de mes convictions mais aussi à cause de l´héritage de mes prédécesseurs sur le siège Primatial de Lyon ", citant Elie Wiesel lorsqu´il parle d´Auschwitz " Je réponds à votre invitation à voix basse et tremblante ". En s´adressant directement à Serge Klarsfeld, il poussait plus loin encore l´engagement personnel : " Vous avez fait resurgir ce peuple englouti dans la nuit de la catastrophe pour le faire apparaître aujourd´hui dans la lumière de nos mémoires vivantesÅ Votre exposition est un acte de courage et de fidélité, un appel à un engagement auquel je souscris de tout mon cœur ". Difficile d´être plus direct. Une nouvelle fois Mgr Barbarin s´est exprimé avec la franchise et la simplicité que, depuis une semaine, les lyonnais découvrent et apprécient. Avec délicatesse aussi en utilisant le mot hébreu " Kötel " (au lieu de mur) de pour rappeler le geste de Jean Paul II à Jérusalem, et en terminant par une prière du cardinal Decourtray.<BR>Des propos que Serge Klarsfeld, reflétant l´état d´esprit des participants, a qualifié de " généreux et inspirés ", après que le président du conseil général, Michel Mercier ait évoqué le travail de mémoire fait par le département qui organise chaque année un voyage à Auschwitz pour une centaine d´enfants des collèges du Rhône.<BR>Le grand rabbin régional Richard Wertenschlag, ne pouvait pas ne pas évoquer l´actualité récente marquée par le libération de Maurice Papon " Nous sommes interpellés par le difficile rapport entre la justice humaine et la clémence " s´interrogeant publiquement " Ont-ils eux-même fait montre de mansuétude envers nos malheureux déportés, de l´enfant au vieillard, en un temps où ils avaient les pleins pouvoirs ? Nous serons tentés par une attitude noble, prêts à rendre le bien pour le mal, mais en aurions nous le droit, pour parler au nom de leurs victimes que même la justice la mieux intentionnée ne pourra ressusciter ".
Jeanine PALOULIAN
(1) L´exposition est visible jusqu´au 13 octobre dans le hall de la gare de la Part-Dieu
Source : LE PROGRES DE LYON |