Messieurs les hommes mariés, vous êtes des gros marrants. Un conseil : cessez de vous battre pour le célibat des prêtres, alors que, constatant l’impossibilité de concilier la vie chrétienne, vertueuse et la solitude, vous avez choisi par facilité le couple estampillé catho-tradi, censé témoigner de la « poésie » et de la « sainteté » du mariage. Tout ça c’est du pipo. A force de mensonges, vous avez réussi à fabriquer dans votre vie une harmonie factice, seule susceptible à vos yeux de vous garantir des maux contemporains et des turpitudes ordinaires qui pourraient attenter à votre familiarité avec l’idéal. Ces maux qui vous semblent l’apanage des fous, des décadents, des dégénérés, vous avez choisi de les ignorer, l’abîme offensant votre délicate personne. Vous niez par la même cette solidarité qui nous lie les uns aux autres. Il n’y a pas un appel de Dieu pour une minorité, et l’appel du gouffre pour le plus grand nombre. Dans notre société a-chrétienne, un chrétien doit souffrir de tout, de la médiocrité générale, du refus de Dieu, s’imprégner de la pourriture qui nous entoure, et l’expier dans sa personne. On ne peut plus se cacher à l’ombre de la sainteté de l’Eglise, comme dans une planque, en attendant des jours meilleurs. Il n’y plus de sainteté du mariage. Le mariage n’échappe pas à cette liquidation universelle dont nous constatons les effets partout autour de nous. Tout est grâce aujourd’hui ? Non, tout est farce, tout est grotesque, depuis l’amour humain jusqu’au mariage qui reposent tous deux sur une série de mensonges dont le chrétien ne peut plus être dupe. Donc messieurs les hommes mariés, puisque vous avez choisi la facilité, je vous serez gré de ne plus de ne plus prendre position sur la question du célibat des prêtres. Vous êtes trop mal placé. L’Eglise aussi, d’ailleurs, qui, face au monde moderne, n’a cessé de s’aplatir et qui envoie quand même au casse pipe de pauvres gars, confrontés à une société putride et déliquescente qu’elle a pu dénoncer, mais sans jamais la combattre de front.
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