Une des sources de la dignité humaine chère aux apôtres du concile Vatican II, c’est ce fameux « désir naturel de voir Dieu ». Le moderniste attribue la distinction classique entre nature créée et vie divine communiquée à une certaine tradition scolastique ( le cardinal Cajetan, le père Garrigou Lagrange...) qui aurait rompu avec l’enseignement authentique de saint Thomas. Le père Lubac par exemple postule une latence du surnaturel dans la nature. Ainsi se trouve écarté selon lui tout danger d’extrinsécisme de la grâce et de l’ordre surnaturel. L’identification de l’humanisme dit intégral au christianisme s’est déroulé en trois étapes. On admet d’abord que la grâce ne détruit pas la nature mais la parachève ; on affirme ensuite que l’âme est par nature capable de grâce ; on insinue enfin que le désir de l’essence divine est naturel à l’homme. Entre le premier point et le troisième il y a un abîme. Peu importe, il faut le franchir, la dignité humaine l’exige. Puisque l’humanisme est tout entier inclus dans le christianisme, il faut bien que la grâce s’adapte à cette nouvelle donne. Elle ne peut plus être ce don absolument gratuit que rien ne laisse prévoir dans la nature. L’anthropologie devient dès lors le seul principe épistémologique reconnu, principe mortifère auquel on rapporte même les réflexions sur les fins dernières.
« Regardez profondément dans vos cœurs jeunes gens » pourrait s’exclamer un moderniste bouffon « N’y sentez-vous pas vibrer le désir de Dieu ? ».. Mais non, imbécile. Ils en ont rien à taper de Dieu. Tu vois pas que tu les gonfles ? Filles, garçons, on veut s’épanouir, faire danser la vie ; y a que l’éclate qui compte, la liberté. Ils ne sont pas ordonnés naturellement à une fin surnaturelle, ils sont ordonnés au FUN, ça se voit pas ? Regarde les, ils s’approchent de toi, ils veulent te chier dans la gueule. Tu trembles, ah le Père Lubac il t’a bien foutu dans la merde espèce de con ! Tu sais plus quoi dire, tu fuis ? Allez casse-toi, tu me débectes ! On a travesti la grâce, tué la foi. Il ne reste plus rien…
Dans le désert j’ose pourtant clamer : la révélation et la foi sont les conditions préalables au désir de la vision béatifique. Le désir de la vision béatifique est un désir formellement surnaturel.
Je signale au passage aux contempteurs de Maritain que ce dernier a toujours nié que la fin naturelle de l’homme soit la vision béatifique ou la déification surnaturelle : « Car toute fin naturelle (n’est ce pas axiomatique?) doit pouvoir être réalisée par des moyens pareillement naturels » (lettre à Gilson, 1963)
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