| Auteur : Alban Lomonier (194.158.98.xxx) |
| Sujet : Le CSA pour le zéro porno |
| Date : 2002-07-03 08:16:48 |
Le CSA pour le zéro porno L'instance préconise l'arrêt de toute diffusion télévisée.
Par Raphaël GARRIGOS
mercredi 03 juillet 2002
Selon le calcul du CSA, le câble et le satellite proposent 840 diffusions de films X chaque mois. achez ce cul que je ne saurai voir. Telle est la recommandation que va faire le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) aux chaînes qui diffusent des films X. Le CSA a en effet annoncé hier qu'il «préconise la suppression des programmes pornographiques dans les services de télévision français». En clair, le Conseil réclame carrément la fin du porno à la télé. Canal + serait donc obligé de se passer du fameux film du samedi soir qui a fait en partie son succès, et les chaînes du câble et du satellite devraient faire de même.
Dans un communiqué, le CSA explique son choix : «Au cours des derniers mois, plusieurs éléments ont conduit le Conseil à rechercher une meilleure protection des mineurs (...) Ces éléments tiennent notamment à l'accroissement important de la diffusion de ces programmes et au constat, à travers les mesures d'audience, qu'un nombre non négligeable de mineurs y sont exposés.»
Comptage. A l'appui de sa décision, le CSA relève 103 diffusions mensuelles de films X sur les chaînes habilitées (1) à retransmettre des programmes de catégorie 5, c'est-à-dire, tout ce qui est interdit au moins de 18 ans. Selon le comptage effectué par le CSA, si l'on ajoute les films disponibles en pay-per-view (achat à la séance), ce sont, toutes diffusions comprises, 840 pornos qui sont accessibles chaque mois sur le câble et le satellite.
Pourtant, outre la vigilance parentale, des protections existent. Première protection : les chaînes du câble et du satellite qui diffusent du porno sont payantes. Et l'enfant qui tomberait par hasard sur un film X sur une de ces chaînes ne verrait rien, pas même le cryptage caractéristique de Canal +, mais un texte masquant l'image et informant que la chaîne en question ne fait pas partie de l'abonnement. Deuxième protection : le verrouillage parental grâce à un code. Il suffit alors de sélectionner les chaînes interdites aux enfants et de ne pas leur communiquer le code.
Européen. Apparemment, ces protections ne suffisent pas au CSA qui entend que les chaînes se conforment désormais à la directive européenne Télévision sans frontières. Ce texte, destiné à harmoniser les législations des pays membres de l'Union européenne, stipule que les chaînes ne doivent comporter «aucun programme susceptible de nuire gravement aux mineurs, notamment des scènes comportant des scènes de pornographie».
Pour l'heure, la décision prise par le CSA n'en est qu'au stade de la préconisation et aucune mesure coercitive n'est prévue à l'encontre des chaînes qui n'obéiraient pas à cette demande. Joints par Libération, les éditeurs des chaînes concernées se refusent pour l'instant à suivre la préconisation du CSA. Mais le Conseil réclame déjà une modification de la loi «dans le sens d'une interdiction explicite» de la diffusion des films porno. Une interdiction «de la censure», tonne un intéressé qui n'empêchera personne de capter, grâce à une parabole, les chaînes étrangères et d'y regarder depuis son fauteuil des films X.
> 1) Canal +, les chaînes cinéma de CanalSatellite et de TPS ainsi que XXL, filiale du groupe AB.
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