Le magazine "Notre vie", vous savez ce petit journal dont je vous ai déjà parlé à deux ou trois reprises, vient encore de s'illustrer bellement à l'occasion de la parution de son numéro de juin.
En page 2, on trouve un premier article très élogieux consacré au "Secteur interparoissial" (sic) de Saint-Amand-Longpré (Loir-et-Cher) : "Une communauté étonnante".
Un article qui veut nous bien faire comprendre ce qu'est une Eglise vivante et bien dans ses baskets, même si certains membres de l'EAP (sic), lire : Equipe d'Animation Pastorale, même si certains membres donc avouent être "à la limite de la surcharge".
On conclut alors sur une "vie fraternelle tout à fait remarquable".
Tout va pour le mieux, le "modérateur" (resic) du secteur se disant "heureux".
Soit. On a l'habitude.
Jusque là, rien que de l'ordinaire. La vie des diocèses est pleine de médiocres expériences plus satisfaisantes les unes que les autres, et toutes plus humainement riches qu'elles sont spirituellement pauvres.
Dans le prolongement de cet article que l'on peut donc qualifier d'élogieux, on trouve un encadré grisâtre.
Avec pour titre CONTREPOINT.
Il est signé de la main fielleuse d'un(e) certain(e) ML Raulin.
Je vous en propose la lisure.
"1930 en Picardie. Il y a une vie paroissiale le dimanche : deux messes, les vê^pres, le catéchisme après les vêpres. Messe de communion à 8 heures, précédée de confessions rapides (là, j'aurais bien mis un "sic", mais ce serait à n'en plus finir, alors je me contente de citer, ndxa). Les enfants, envoyés par la vigilance des mères, se battent pour qui entrera le dernier au confessionnal.
Grand-messe. Chacun a gagné sa place identifiée et payée, sauf d'en être refoulé par un "ch'est m'plache" résolu. L'office commence par "l'Asperge me" (oui, l'asperge, c'est vous, cher auteur de ces lignes. Votre mémoire vous fait défaut. Vous en perdez votre latin en même temps que nous.).
Le prêtre, un chanoine érudit, une terreur, alsacien ou suisse, horsain ! 1m90. 95 kg. Il parcourt les allées en grand arroi. Les pans de sa chape maintenus retroussés par deux enfants de choeur en soutane rouge et surplis de dentelle qui, au petit trot, soutiennent le rythme comme ils peuvent.
L'office se déroulera en latin, chanté par un organiste aveugle : le souffleur, un vieux de l'hospice, donne quelque distraction aux occupants de la travée latérale. A peu près les seuls hommes de l'assistance. Il y a la quête au moyen de bourses profondes où l'on peut se contenter de plonger les doigts. Il y a la distribution de pain bénit. Et voici qu'on annonce le "Pater noster" (ah ! cette fois, notre auteur ne s'est pas trompé), qui annonce la fin de l'épreuve. (là, je ne peux m'empêcher de lacher un sic)
L'assistance se répand sur le parvis. C'est tout, jusqu'au dimanche suivant."
Voila, chers amis, ce cochon d'article.
Alors, je pose la question : POURQUOI TANT DE HAINE ?
A quoi rime ce manichéisme ?