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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Avortement en Suisse - un prêtre a écrit à une ministre Imprimer
Auteur : Bertrand DECAILLET
Sujet : Avortement en Suisse - un prêtre a écrit à une ministre
Date : 2002-06-03 19:27:26

... comme par hasard, c'est le Supérieur de district de la FSSPX

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Lettre ouverte de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X à Madame Ruth Metzler, Conseillère fédérale

Rickenbach, le 13 mai 2002

Madame la Conseillère fédérale,
En vue de la votation du 2 juin 2002 vous avez réclamé par préférence et par principe une discussion loyale dans le débat à propos de la votation. Il aurait été cependant plus judicieux de proposer un débat sur le fondement de la vérité, de la justice et de l’éthique naturelle. Votre exigence a donc rabaissé une question fondamentale de l’éthique et plus généralement de l’anthropologie au niveau d’un vulgaire forum et celle-ci a été remise à la volonté arbitraire d’une majorité. Pour la première fois dans l’histoire de la civilisation humaine, un peuple tout entier décide de l’extermination de vies innocentes. A ce sujet et à juste titre la cour de justice fédérale allemande a admis à Karlsruhe de qualifier de “Babycauste” [3] la pratique aujourd’hui usuelle de l’avortement, cela par analogie à l’Holocauste.

Vous vous engagez depuis plusieurs semaines en faveur du modèle du régime des délais, et donc en conséquence - consciemment ou inconsciemment - pour l’avortement ; car cette formule signifie la mort. Dans cette campagne vous jouez un rôle décisif en ce qui concerne la formation de l’opinion pour les prochaines votations.

En tant que Conseillère fédérale vous défendez une politique pour l’avortement, peu crédible et qui est indigne d’un gouvernement démocratique [4].

En tant que ministre de la justice vous justifiez une loi, qui légalise l’injustice.

En tant que politicienne du parti PDC, vous passez dans le camp de l’idéologie adverse et défendez avec zèle des principes qui n’ont rien de chrétien.

En tant que catholique, vous devez savoir que la participation formelle à un avortement est un acte grave que l’Eglise punit par la peine de l’excommunication, parce qu’il va à l’encontre de la vie humaine [5].

Et finalement en tant que femme, vous propagez un principe qui définit la vie humaine comme une maladie puisque vous permettez qu’une mère puisse tuer le fruit de son sein par des méthodes atroces, ne laissant place à aucune émotion.

Peut-on octroyer le droit de libre disposition à une femme lorsque la vie d’une tierce personne est en cause ? Il est choquant de constater à quel point vous vous êtes éloignée de l’esprit chrétien. A quoi sert d’être fair-play dans les débats, si l’on foule aux pieds la vérité, qui seule "rend libre" [6].

Pouvez-vous demeurer indifférente à ce qu’il faut bien appeler une manipulation de l’opinion publique ? Vous tentez d’expliquer que votre oui au régime des délais n’est pas un oui à l’avortement ; pour votre conscience, cette distinction est capitale [7]. Cette incohérence ne peut satisfaire votre conscience car cette nuance n’apporte aucune aide à l’enfant innocent qui se retrouve avorté.

Et comme si ces “flèches empoisonnées” [8] qui tuent les innocents ne suffisait pas, vous osez affirmer que Dieu comprend l’avortement [9]. (Bien sûr que Dieu le connaît mais dans le même sens qu’il connaît le mal ou le péché. Mais évidemment ce n’est pas cela que vous sous-entendez). Madame la Conseillère fédérale, vous êtes allée trop loin. L’avortement, c’est-à-dire la mort d’une vie innocente que vous essayer de justifier en vous référant à Dieu - et de plus à un de ses attributs qu’est la Miséricorde - cela est théologiquement parlant un blasphème. Si dans la tradition judéo-chrétienne un péché fut condamné, ce fut bien celui du meurtre d’une vie innocente [10]. Dans cette vivante image de la Bible, le sang innocent crie vers le Ciel précisément parce que Dieu est un Dieu de vie et qu’Il protège les faibles.

Au lieu de vous considérer comme l’avocate du droit et de la vie, dont la voix se ferait entendre, vous vous muez en “femme de main” de la culture de mort.

Il est possible que votre propagande pour le régime des délais - en ce sens que ces délais puissent “légitimer” le meurtre des fœtus au seul motif légal, eugénique, psychosocial ou même financier - soit déterminante pour la votation du 2 juin prochain. Dans tous les cas, vous vous efforcez, en tant que Conseillère fédérale, ministre de la justice, chrétienne et femme d’innocenter le meurtre prénatal de la vie humaine. Comment peut-on aller si loin ? Comment une conscience chrétienne peut-elle assumer cela ?

Les commandements nous ordonne d’aimer notre prochain quel qu’il soit. Ainsi, nous prions que Dieu soit pour son peuple et son gouvernement un Juge miséricordieux.

Avec mes respectueuses salutations.



Abbé Niklaus PFLUGER



Prieuré St Nicolas de Flüe – Solothurnerstr.11 – CH-4613 Rickenbach

Tél. 062 / 216 18 18 – Fax 062 / 216 00 22
Lettre ouverte de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X

à Madame Ruth Metzler, Conseillère fédérale





Rickenbach, le 13 mai 2002



Madame la Conseillère fédérale,



En vue de la votation du 2 juin 2002 vous avez réclamé par préférence et par principe une discussion loyale dans le débat à propos de la votation. Il aurait été cependant plus judicieux de proposer un débat sur le fondement de la vérité, de la justice et de l’éthique naturelle. Votre exigence a donc rabaissé une question fondamentale de l’éthique et plus généralement de l’anthropologie au niveau d’un vulgaire forum et celle-ci a été remise à la volonté arbitraire d’une majorité. Pour la première fois dans l’histoire de la civilisation humaine, un peuple tout entier décide de l’extermination de vies innocentes. A ce sujet et à juste titre la cour de justice fédérale allemande a admis à Karlsruhe de qualifier de “Babycauste” [3] la pratique aujourd’hui usuelle de l’avortement, cela par analogie à l’Holocauste.

Vous vous engagez depuis plusieurs semaines en faveur du modèle du régime des délais, et donc en conséquence - consciemment ou inconsciemment - pour l’avortement ; car cette formule signifie la mort. Dans cette campagne vous jouez un rôle décisif en ce qui concerne la formation de l’opinion pour les prochaines votations.

En tant que Conseillère fédérale vous défendez une politique pour l’avortement, peu crédible et qui est indigne d’un gouvernement démocratique [4].

En tant que ministre de la justice vous justifiez une loi, qui légalise l’injustice.

En tant que politicienne du parti PDC, vous passez dans le camp de l’idéologie adverse et défendez avec zèle des principes qui n’ont rien de chrétien.

En tant que catholique, vous devez savoir que la participation formelle à un avortement est un acte grave que l’Eglise punit par la peine de l’excommunication, parce qu’il va à l’encontre de la vie humaine [5].

Et finalement en tant que femme, vous propagez un principe qui définit la vie humaine comme une maladie puisque vous permettez qu’une mère puisse tuer le fruit de son sein par des méthodes atroces, ne laissant place à aucune émotion.

Peut-on octroyer le droit de libre disposition à une femme lorsque la vie d’une tierce personne est en cause ? Il est choquant de constater à quel point vous vous êtes éloignée de l’esprit chrétien. A quoi sert d’être fair-play dans les débats, si l’on foule aux pieds la vérité, qui seule "rend libre" [6].

Pouvez-vous demeurer indifférente à ce qu’il faut bien appeler une manipulation de l’opinion publique ? Vous tentez d’expliquer que votre oui au régime des délais n’est pas un oui à l’avortement ; pour votre conscience, cette distinction est capitale [7]. Cette incohérence ne peut satisfaire votre conscience car cette nuance n’apporte aucune aide à l’enfant innocent qui se retrouve avorté.

Et comme si ces “flèches empoisonnées” [8] qui tuent les innocents ne suffisait pas, vous osez affirmer que Dieu comprend l’avortement [9]. (Bien sûr que Dieu le connaît mais dans le même sens qu’il connaît le mal ou le péché. Mais évidemment ce n’est pas cela que vous sous-entendez). Madame la Conseillère fédérale, vous êtes allée trop loin. L’avortement, c’est-à-dire la mort d’une vie innocente que vous essayer de justifier en vous référant à Dieu - et de plus à un de ses attributs qu’est la Miséricorde - cela est théologiquement parlant un blasphème. Si dans la tradition judéo-chrétienne un péché fut condamné, ce fut bien celui du meurtre d’une vie innocente [10]. Dans cette vivante image de la Bible, le sang innocent crie vers le Ciel précisément parce que Dieu est un Dieu de vie et qu’Il protège les faibles.

Au lieu de vous considérer comme l’avocate du droit et de la vie, dont la voix se ferait entendre, vous vous muez en “femme de main” de la culture de mort.

Il est possible que votre propagande pour le régime des délais - en ce sens que ces délais puissent “légitimer” le meurtre des fœtus au seul motif légal, eugénique, psychosocial ou même financier - soit déterminante pour la votation du 2 juin prochain. Dans tous les cas, vous vous efforcez, en tant que Conseillère fédérale, ministre de la justice, chrétienne et femme d’innocenter le meurtre prénatal de la vie humaine. Comment peut-on aller si loin ? Comment une conscience chrétienne peut-elle assumer cela ?

Les commandements nous ordonne d’aimer notre prochain quel qu’il soit. Ainsi, nous prions que Dieu soit pour son peuple et son gouvernement un Juge miséricordieux.

Avec mes respectueuses salutations.

Abbé Niklaus PFLUGER
Prieuré St Nicolas de Flüe – Solothurnerstr.11 – CH-4613 Rickenbach

Tél. 062 / 216 18 18 – Fax 062 / 216 00 22


NOTES
[3] Info service KVP Suisse.

[4] Feuille d’information de la ASME, 12.4.2002 : la politique d’avortement du conseil fédéral

[5] Catéchisme de l’Eglise catholique, N° 2272 : La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Eglise sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine. « Qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latae sententiœ, (par le fait même de la commission du délit) et aux conditions prévues par le Droit. L’Eglise n'entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société. »

[6] Jean 8,32.

[7] Journal Coop N° 19, 8.5.2002, p.19.

[8] Psaume 63,4-5 : qui aiguisent leurs langues comme un glaive, qui préparent leurs flèches - leur parole amère ! Pour les décocher dans l'ombre contre l'innocent ; ils les décochent contre lui à l'improviste, sans rien craindre.

[9] Ruth Metzler, citation dans : SKS, 18/2002, p.18.

[10] Le meurtre conscient de vies innocentes est d'après la Genèse 4,10 un péché criant au ciel qui exige une punition et la vengeance de Dieu. Ce péché est grave, parce que l'homme se produit à l'image de Dieu et parce que Dieu est la seule personne qui ait le droit de disposer de la vie et de la mort.


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cité par DICI n° 55 : http://www.le-combat-catholique.com/DICI.htm




La discussion

      MERCI les évêques suisses !, de Bertrand DECAILLET [2002-06-02 20:05:10]
          Quelques précisions, de Bertrand DECAILLET [2002-06-02 20:24:21]
          En France, comme en Suisse, un autre 81 %..., de ATHANASE [2002-06-02 21:18:36]
              Les deux cantons qui ont refusé LE crime contre l [...], de Bertrand DECAILLET [2002-06-03 08:58:02]
          La dépêche de l'APIC, de X A [2002-06-03 09:12:23]
          Avortement en Suisse - un prêtre a écrit à une  [...], de Bertrand DECAILLET [2002-06-03 19:27:26]
              Pardon pour le doublet!, de Bertrand DECAILLET [2002-06-03 19:37:01]