BAKOU, Azerbaïdjan (AP) - Achevant sa courte visite en Azerbaïdjan, le pape Jean Paul II a rendu hommage jeudi à ceux qui ont tenu tête au régime communiste et conservé leur foi. Il a aussi tendu la main à l'Eglise orthodoxe, au cours d'une messe célébrée devant la petite communauté catholique rassemblée dans le palais des sports de Bakou.
Le frêle pape de 82 ans a fait son entrée dans l'enceinte sur un chariot à roulette. Soutenu par deux aides, il a ensuite gravi avec difficulté les quelques marches menant à l'autel. Il semblait respirer avec difficulté et a dû passer le micro à l'un de ses assistants avant la fin de la cérémonie.
Les gardes ont dû intervenir au cours de la célébration pour arrêter un homme agité qui avait réussi à s'approcher à environ cinq mètres du pape. Selon les responsables de la sécurité, l'homme a affirmé qu'il souhaitait que prendre sa photo avec le souverain pontife.
La poignée de catholiques de l'Azerbaïdjan -on en compte 120, selon le Vatican- étaient assis aux premières loges pendant la messe dite en russe. Quelques milliers de personnes, surtout des officiels et des invités, étaient aussi présentes.
Le pape a rendu hommage à tous ceux qui ont réussi à demeurer croyants pendant les années du communisme. "Je pense particulièrement à ceux qui ont vécu la tragédie des persécutions marxistes et subi les conséquences de leur attachement au Christ", a confié le pape polonais.
Jean Paul II était venu à l'invitation du président azéri Gueïdar Aliev, qui a exprimé l'espoir d'une intervention du Vatican sur le dossier du Haut-Karabakh, qui oppose son pays à l'Arménie. Source d'une guerre de six ans entre les deux nations (1988-1994), ce conflit a fait 30.000 morts et plus d'un million de réfugiés. Le porte-parole papal, Joaquin Navarro-Valls, a précisé jeudi que le pape avait fait un don de 100.000 dollars (108.500 euros) pour venir en aide aux réfugiés
A quelques heures de son déplacement en Bulgarie, où il y restera jusqu'à dimanche, le souverain pontife a aussi tenté de réconcilier les Eglises catholique et orthodoxe en saluant les dirigeants de l'Eglise d'Orient. "Vous avez ouvert vos portes aux fidèles catholiques qui étaient sans église ni berger", a-t-il dit. "Que le Seigneur vous récompense pour votre générosité".
Même s'il n'a pas parlé de l'Islam au cours du service, Jean Paul II a tenu à rencontrer les chefs des communautés musulmane, orthodoxe et juive avant de s'envoler pour la Bulgarie. Ce voyage de cinq jours, son premier depuis septembre et le 96e de son pontificat, est visiblement ardu pour Jean Paul II. Son élocution est lente, ses mains tremblent et il marche avec peine à cause de ses problèmes aux genoux et aux hanches. AP