Gary me l'avait déjà demandé, c'est décidé, je le publie, mon brûlot.
Vous saurez pourquoi je ne suis PLUS aux scouts 
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Sentiment et spiritualité scoute
Esquisse d'une histoire spirituelle du scoutisme
à Ferdinand Odin.
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0. Avertissement
Le texte que l’on va lire n’a pas pour vocation de constituer un travail universitaire mais seulement un brouillon. C’était à l’origine un article que l’auteur destinait à ses amis, dans le but de présenter ses vues sur le scoutisme et de demander aux amis s’ils pensaient comme lui. La bienveillante indulgence de ces derniers le conduit aujourd’hui à souhaiter une diffusion un peu plus large, tout en restant convaincu qu’il est trop tôt pour vouer cet article à la publicité, du moins sous la forme volontairement polémique qu’il affecte ici. C’ est donc un brouillon partial, avec de nombreuses fautes, tant dans les noms que dans les dates, et une documentation lacunaire. Sa seule utilité est de constituer un point de départ pour d’éventuels travaux ultérieurs, de plus grande envergure.
1. Introduction
Un des caractères permanents du scoutisme me semble être la volonté d’éduquer totalement le garçon afin de transformer le monde. On parlait de batir la cité de Dieu, avant-guerre, on parle d’engagement aujourd’hui, c’est la même chose, ou ce sont choses fort semblables sous deux noms différents. Nous voyons bien pourtant que le monde se passe fort bien des scouts pour tourner et ce n’est pas l’exemple de quelques personnalités au passé scout qui saurait nous faire changer d’avis. Néanmoins, la prétention d’éducation totale subsiste : le corps, l’intelligence, le sens de Dieu, tout cela pourrait être formé par le scoutisme.
Ce n’est pourtant pas le cas et l’on peut légitimement se demander où se trouve la marche qui sépare les aspirations proclamées par de nombreux mouvements scouts de la réalité quotidienne, ou tout le moins hebdomadaire, des troupes et des groupes.
Elle est tout d’abord, ce me semble, dans la prétention des objectifs affichés. Eduquer l’homme intégral, ce n’est pas là tâche facile, c’est d’autant moins facile que les effectifs sont plus nombreux et, en dernier ressort, cela ne s’adresse pas à tout le monde. Beaucoup de chefs sont là pqrce que ça se fait ou que personne d’autre ne voulait le faire et, sans vouloir fermer la porte à la Grâce, nous pensons qu’il n’y a pas souvent de miracle dans de telles situations. On ne peut donner que ce que l’on a, et l’on ne peut éduquer convenablement l’homme intégral que si l’on a soi-même un petit quelque chose de cette intégralité et de cette éducation.
Elle est aussi dans un abandon tacite de la dimension intellectuelle du garçon, presque dès le début, puis de sa dimension religieuse plus tard, après la guerre. Certes la religion n’a pas été effacée, elle a même été maintenue en bonne place pendant bien des années et l’est encore dans certains mouvements, mais on n’en a retenu qu’un projet politique, les rapports religion-société, alorsqu’il eût fallu se soucier de la vie de Dieu dans l’âme. On a donc continué de vouloir construire la cité de Dieu, mais en pensant plus à la cité ou à la construction qu’à Dieu.
Le moyen béni des scouts, le jeu, a lui-même pu prendre plusieurs visages. En 1920, il se cherche. En 1930, il s’est trouvé et il est grand. En 1948 chez les raiders, il est tout. En 1958, il est usé. En 1968 il est banni. En 1978 on le réhabilite peu à peu et comme avec méfiance chez les Scouts de France.
Nous voudrions nous attacher spécialement aux vicissitudes de l’idée religieuse chez les Scouts de France, puis à la restauration du scoutisme à l’ancienne par divers mouvements que nous avons connus. Nous tâcherons alors de montrer que les continuités et les ruptures ne sont pas toujours celles que l’on croit ni où l’on pense et nous apprécierons à l’aune de ces découvertes les objectifs religieux de deux mouvements qui tiennent la religion en haute estime.
A SUIVRE
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