J'avoue que je suis un peu perplexe:
mercredi 15 mai 2002, 12h45
Le pape n'entend pas démissionner
CITE DU VATICAN (AP) - Trois jours avant son 82e anniversaire, le pape Jean Paul II a réaffirmé mercredi qu'il n'avait pas l'intention de démissionner de ses fonctions.
Le souverain pontife, qui souffre du genou et de la hanche et présente les symptômes de la maladie de Parkinson, recevait mercredi les voeux de pélerins sur la place Saint-Pierre de Rome.
"Je compte sur votre soutien spirituel pour poursuivre fidèlement le ministère que le Seigneur m'a confié", a-t-il déclaré lors de cette audience.
Le Saint-Siège a affirmé à plusieurs reprises que Jean Paul II, qui est pape depuis 24 ans, n'envisageait pas de quitter ses fonctions. Le droit canon autorise le souverain pontife à démissionner mais ne prévoit pas de renvoi.
Karol Wojtyla célèbrera son 82e anniversaire samedi, quatre jours avant sa visite en Azerbaïdjan et en Bulgarie -un voyage qui durera cinq jours. AP
Et aujourd'hui:
Le pape n'exclurait pas une démission pour raisons de santé
ROME (AFP) - Jean Paul II n'exclut pas de démissionner si ses conditions de santé devaient s'aggraver, a affirmé jeudi le cardinal hondurien Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, lors d'une conférence de presse à Rome.
"Le pape en sent toute la responsabilité et, le jour où il se rendrait compte qu'il ne peut pas continuer, il aura le courage de dire : j'arrête", a déclaré l'archevêque de Tegucigalpa interrogé par l'AFP sur la possibilité d'une démission du pape qui fêtera le 18 mai ses 82 ans.
"Jean Paul II pense la même chose", a-t-il assuré concernant l'idée qu'un pape puisse puisse demissionner pour des raisons de santé.
Le voyage de Jean Paul II à Ischia (Naples) le 5 mai, sa première sortie de Rome depuis sept mois en raison de ses problèmes d'arthrose qui se sont aggravés, a montré un pape très vouté et fatigué, ne pouvant pas cacher sur son visage la souffrance, surtout dans les rares moments où il devait rester debout ou quand il devait faire quelques pas.
Le cardinal Rodriguez, qui rencontrait la presse à l'occasion de la remise d'un doctorat honoris causa de l'université des Salésiens, est considéré comme un candidat possible à la succession de Jean Paul II.
A cet égard, il a estimé qu'"un pape venant d'Amérique latine donnerait une grande impulsion à une nouvelle évangélisation, à une nouvel élan missionaire de l'Eglise". Il a ajouté qu'à son avis un pape latino-américain pourrait jouer un rôle important "pour surmonter le conflit nord-sud et dans la bataille contre la pauvreté".
La santé du pape
« Comment se porte le Pape Jean-Paul II ? » est l’une des questions les plus insistantes de la presse internationale actuellement, qui va jusqu’à suggérer que le pape, toujours plus souffrant, a désormais rendu la main, abandonnant le gouvernement de l’Eglise à ses proches collaborateurs.
Cependant, tous ceux qui ont pu l’approcher n’hésitent pas à dire que si ses mouvements et son élocution lui sont rendus de plus en plus difficiles – au point de devoir se faire porter – son esprit n’en reste pas moins vif et présent.
Le célèbre journaliste et écrivain Vittorio Messori, l’un des meilleurs connaisseurs des milieux romains a révélé il y a quelque temps déjà (dans le journal Corriere della sera) que certains cardinaux auraient demandé au pape de réfléchir à l’éventualité d’une démission. Le pape lui-même n’y pense pas. Ce qu’il y a néanmoins d’intéressant – selon Messori – c’est le retournement de situation qui peut être observé. En effet, si jusqu’à présent c’était l’aile gauche qui évoquait une démission du pape, aujourd’hui ce sont des cardinaux plutôt conservateurs qui auraient fait la démarche évoquée, craignant d’autres actions aussi spectaculaires que scandaleuses comme « des visites dans des mosquées ou synagogues », des initiatives inter-religieuses comme Assise ou des évocations d’atteintes aux droits de l’homme, que Messori qualifie au passage et à juste titre de « jacobins ».
En fait, ce ne devrait pas être une révolution pour l’Eglise d’être gouvernée par un pape malade. En 2000 ans, il y en a eu bien d’autres. Ces spéculations sur la santé du pape sont plutôt révélatrices de deux phénomènes :
L’évolution des mentalités fait que l’on considère de plus en plus l’aspect fonctionnel de la charge papale avant de voir dans le pape le vicaire du Christ. Il faut cependant ajouter que la mentalité post-conciliaire est à l’origine de cette vision des choses. En effet, Paul VI ayant fixé comme limite d’âge d’exercice de la charge d’évêque diocésain à 75 ans, a influé sur la manière de considérer la fonction de l’évêque de Rome. Et de fait, la volonté de Jean-Paul II de demeurer dans sa charge malgré ses 82 ans, le 18 mai prochain, introduit une contradiction interne dans l’action d’un pape qui a appliqué régulièrement la décision arbitraire de Paul VI.
La manière dont Jean-Paul II a exercé la fonction papale a fini par engendrer une usure de cette fonction. Les voyages incessants, les discours interminables dont les thèmes se rattachent à un humanisme “droit-de-l’hommesque” et à un œcuménisme sans frein, ont fatigués les esprits les plus patients. Un certain désir de changement se fait clairement sentir dans l’aile “conservatrice”, alors que l’aile avant-gardiste attend du futur pape des avancées plus décisives.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une affaire de bulletin de santé. Certes, personne ne souhaite la mort du pape. Mais l’on ne peut se défaire de l’impression gênante que tout le monde l’attend.
DICI n°53