Cher passant,
vous ne saviez pas encore que les catholiques accordent la primauté absolue à leur activité professionnelle, leur bien-être, leurs examens de fin d’année, leur famille, leur épanouissement sexuel, leur cercle d’amis… Vous débarquez ou quoi ? Triste forum, dites vous : il est à l’image du catholicisme actuel. Hormis quelques rares liseurs, vous avez sans doute remarqué qu’on ne se foule guère. C’est à peine si on condescend à répondre aux messages. Le liseur catholique est overbooké comme il sied à un moderne respectable, son temps est d’ailleurs trop précieux pour qu’il le perde à rédiger un texte, aussi court soit-il, sur un forum qui n’apporte et ne rapporte rien. L’Efficacité, l’Utile, voilà ses idoles. Accordez lui une tribune dans un quotidien international, alors peut-être daignera-t-il se départir de son flegme pour accoucher de sa pensée. Et encore, c’est pas sûr
Qu’est ce qui distingue donc le catholique de nos contemporains ? Rien justement, sauf peut-être que, s’estimant l’ami de Dieu, le catholique pense qu'il peut se dispenser de chercher le chemin de l’excellence. Quant aux engueulades, elles sont inévitables dès lors que certains catholiques conséquents se trouvent confrontés à d’autres catholiques qui font profession de tolérance, qui cultive le respect de l’Autre, cette idole moderne, et qui n’aiment rien tant que les relations policées, même avec les ennemis de leur foi : « La complaisance pour l’adversaire est le signe distinctif de la débilité, c’est à dire de la tolérance, laquelle n’est en dernier ressort, qu’une coquetterie d’agonisants » ( Cioran ). Il faudrait cultiver, nonobstant ces conflits, l’amitié chrétienne. Il est vrai qu’elle ne transparaît pas de nos échanges, plutôt froids.