Il n'est pire mal dans nos sociétés, que la prétention de l'économie à tout régenter. N'en déplaise aux cénacles et clubs privés ultra-libéraux, il est des impératifs qui échappent à la dictature du marché. Le dimanche en fait bien partie. Le repros dominical, en France comme en Europe, constitue une tradition qui participe des fondements de notre civilisation.
C'est donc avec effroi que nous constatons aujourd'hui que les coups portés au repos dominical, en particulier dans la grande distribution, se font de plus en plus brutaux. Ainsi en 1991, Monsieur Zelnick, patron français de Virgin, avait entamé une campagne, notamment par voie d'encarts publicitaires dans LE FIGARO et LIBERATION.
Ce "courageux croisé" proclamait ) l'époque nous "libérer d'une loi archaïque, venue du fin des âges". C'est sur intervention expresse du Ministre du Travail de l'époque que Monsieur Zelnick avait été prié de calmer son offensive. Ce qui n'a pas empêché Virgin de réitérer lors du Mondial en essayant de faire passer les ouvertures non-stop.
Heureusement, face à ces zélés "sans-culotte" (la révolution française avait prétendu remplacer le rythme de la semaine parle "décadi" de 10 jours, supprimant le dimanche et obligeant les travailleurs à 9 jours de corvée d'affilée) existent des résistances fortes. Ces résistances vont des Efglises à certains économistes (tel Pierre Larroutourou), des associations laïques et bien entendu jusqu'aux syndicalistes, notamment de la CFTC.
A une époque que l'on sait formée de désarroi profond, d'absence de repères, peut-on imaginer les résultats pour un enfant, d'un dimanche sans sa mère ou son père, tenus au travail? Il ne resterait plus alors comme paliatif à nos chers petits que de "goûter aux joies" de la balade dans les rayons aseptisés de grandes surfaces. Avec toutes les conséquences que l'on imagine.
Le dimanche constitue, de même, un jour clef pour la vie associative. Sa remise en question serait un autre facteur de déstructuration sociale.Il est clair aussi quu'en s'attaquant à des symboles forts, un patronat toujours plus avide de flexibilité (pour les autres) cherche à tester nos dernières barrières, à trouver d'autres failles où s'engouffer.
L'accepter sans lutter serait renier une partie de nous-même, accepter le primat de la sphère économique, accepter de n'être qu'un "homo economicus" né uniquement pour produire et consommer.