STRASBOURG (AFP) - Diane Pretty, une Britannique qui veut se suicider avec l'aide de son mari pour abréger ses souffrances et mourir dans la dignité, a déclaré mardi à Strasbourg qu'elle voulait seulement ses droits, à l'issue d'une audience de la Cour européenne des droits de l'Homme.
"Je ne veux que mes droits", a déclaré avec conviction cette femme paralysée jusqu'au cou et qui s'exprime par l'intermédiaire d'un ordinateur.
Son mari, Brian Pretty, a indiqué que Diane était "très contente" et "encouragée" par le déroulement de cette audience consacrée, pour la première fois dans l'histoire de la Cour européenne, au problème de l'euthanasie assistée.
Interrogé sur les chances que la requête soit comprise par les juges européens, M. Pretty s'est contenté de répondre: "Attendons de voir".
La Cour européenne, saisie d'une requête en urgence le 21 décembre 2001 par Mme Pretty, à qui les médecins ne donnent que quelques semaines à vivre, avait organisé cette audience dans le délai record de trois mois et devrait dans un mois rendre sa décision sur la recevabilité et sur le fond.
L'avocat de Mme Pretty a essentiellement plaidé sur la question des circonstances très particulières et très personnelles qui obligent sa cliente à demander l'aide de son mari pour se suicider, tandis que le représentant du gouvernement a dressé un tableau sombre des dérives possibles, si la Cour européenne avalise le droit au suicide assisté.