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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Dieu et l'amour Imprimer
Auteur : SOMBREVAL
Sujet : Dieu et l'amour
Date : 2002-03-04 11:07:05

Lorsque mes pensées prennent un cours angoissé, je me dis : l’amour en Dieu dont s’enorgueillissent les catholiques relève de l’imposture pure et simple. Exhausser jusqu’à Lui un amour dont les mobiles trahissent d’abord notre misère : horreur de la solitude, faiblesse, peur, abdication devant la vie, choix de la facilité… Invoquer la providence, l’union en Dieu pour consolider ce fragile amour, vicié à sa source, c’est tromper Dieu et l’aimée. L’esprit religieux associe naturellement Dieu à ses amours, à tout ce qui lui dispense ce simulacre de plénitude qui fait tellement défaut dans la solitude : « L’être le plus prostitué, c’est l’être par excellence, c’est Dieu puisqu’il est l’ami suprême de chaque individu, puisqu’il est le réservoir commun, inépuisable de l’amour » ( Baudelaire, Mon cœur mis à nu ).
Jamais Dieu en fait n’est si loin que lorsqu’on aime. La vie alors emporte tout. Le signe le plus probant de ma fascination pour la vie, je le perçois quand je me sens glisser sur la pente mauvaise des sentimentalités. Je me surprends alors dans une tentation de vie à deux, molle, propice au réconfort. La condition du peureux n’est pas pour me déplaire. Elle favorise la dissipation des inquiétudes et coûte peu d’efforts pour y satisfaire. Qu’une femme m’invite à m’aventurer dans une histoire riche d’incertitudes, féconde en malentendus, en quiproquos tragiques, ainsi mon attirance pour elle se muera en délire amoureux. Elle devra m’éconduire tout en me laissant un mince espoir où je puiserai ce miracle qui seul peut vous faire aimer jusqu'à la passion. Elle ne me fermera pas toutes les portes, moi même je ne désespérerai pas de la séduire. Les résistances qu’elle m’opposera la sublimeront, m'aveugleront sur ce qu’elle est. Elle sera grande à mes yeux, détiendra le monopole de mes pensées. Tout en maudissant les extrémités où elle m’acculera, je savourerai le bouleversement de tout mon être qu’elle aura su réaliser en moi. J’aimerai à en devenir vivant. J’aurai la sensation d’exister. Peut-être alors émue d’être ainsi objet de culte, fascinée par le prodige d’être tant aux yeux d’un autre, consentira-t-elle à m’épargner les semaines de douleurs qu’il m’eût fallu endurer si elle m’avait privé de tout espoir de la conquérir. Au lieu de quoi, prisonnier des promesses de bonheur à deux auxquelles s’étaient sincèrement risqué l’amoureux que j’avais été et sur lesquelles l’amoureux que je ne serai plus n’osera revenir, je mènerai une vie entière dans l’apaisement et l’oubli de Dieu. Une seule chose importe : tuer le désir d’amour en soi pour ne jamais s’éloigner de Lui. Mais le besoin d’aimer qui nous accable, il vit toujours en nous, atrocement pressant, irrépressible. Le sacrifier, c’est choisir Dieu. C’est le plus grand renoncement qui se puisse concevoir.

 



La discussion

      Dieu et l'amour, de SOMBREVAL [2002-03-04 11:07:05]
          quel texte magnifique !, de CONAN le Cibéride [2002-03-04 11:12:40]
          la vie est une tartine de merde, de E A [2002-03-04 12:22:17]
              c'est une vision, de Damascus [2002-03-04 12:56:11]
                  On n'est pas obligé de se marier, de E A [2002-03-04 16:13:37]
              Et le mariage, de BILLIG Marc [2002-03-04 23:01:29]
                  Chacun ses goûts !, de E A [2002-03-05 10:06:01]
          Le style de SOMBREVAL me manquait sur ce forum..., de Torquemada [2002-03-04 20:49:33]
              Même pas, de SOMBREVAL [2002-03-04 22:38:47]