Une remarque préliminaire s'impose : le communiqué de Mgr Fellay vient après l'éditorial de l'abbé Aulagnier. Il donne la position de la FSSPX. Or celle-ci a toujours été contre l'accord puisque son supérieur général lui-même s'est déplacé au Brésil pour tenter de convaincre les pères de Campos de ne pas signer.
Il n'y a pas de changement de ton, sauf dans DICI, et pour cause puisque le responsable de DICI était jusqu'alors l'abbé Aulagnier, favorable à cet accord. Mais pour ce qui concerne la FSSPX, il n'y a aucun changement de cap ! Le communiqué qui a dénoncé le scandale d'Assise ne faisait lui non plus aucune concession avec "le silence" qu'on exige des bons tradis et Mgr Fellay a raison de souligner que le premier effet des accords à Campos a été...le silence, lors de la réunion d'Assise. Aucune réaction, aucune protestation de Mgr Rangel ; inutile d'affirmer dans moultes interviews que l'on continue le combat pour la Tradition, que l'on n'a pas changé, etc...
Les pères de Campos viennent déjà d'avaler une couleuvre, attendons voir...
A priori, Mgr Fellay n'était pas d'accord avec l'arrangement séparé, mais puisque celui-ci était fait, il s'en est remis à la conduite de Rome. Entre l'interview du père Cottier et le non-texte de l'accord, on peut effectivement dire que ça démarre mal.
"Présuppose-t-on que la parole donnée ne sera pas tenue ?". Mgr Fellay ne présuppose pas, il avance des faits. Et puis il y a l'expérience...Cher webmestre, celà va faire 40 ans qu'effectivement, la méfiance est de rigueur, ce qui nous permet de continuer à sauver ce qui peut l'être, ne vous déplaise. Même la "tolérance" accordée à la FSSP ne doit son existence qu'aux sacres. Vous allez dire que je radote, mais c'est ainsi. Ce n'est pas un effet de la volonté du pape ou de ses sentiments paternels.
"Ces lignes de Mgr Fellay sont terriblement inquiètantes. Je crains
en le lisant (mais ce n'est que mon petit point de vue microbien),
qu'il ne soit plus en mesure de discerner la grâce lorsqu'Elle se
présentera."
C'est l'inverse. Lorsque les négociations ont commencé avec Rome, Mgr Fellay a reconnu le changement de ton de la part des autorités romaines, qu'il y avait au Vatican peut-être un esprit plus favorable à la Tradition. Mais lorsque la FSSPX a demandé qu'au moins en principe, les questions de fond soient abordées, le cardinal Hoyos a tombé le masque, si j'ose dire : "obéissez, rentrez dans le rang, nous sommes déjà bien bons, etc...".
Le changement de ton n'est pas de notre côté, du coup. Et la FSSPX le dit puisque c'est vrai ! La situation actuelle est inquiétante et le ton de Mgr Fellay l'est tout autant. C'est la sérénité de Mgr Rangel qui est en décalage...
Quant'à l'accord de Campos...A part un Te Deum et des lettres mutuelles de congratulations, rien de sérieux ni de bien défini. Pourquoi le nier ? L'expérience a montré que les "ralliés" ne reviennent jamais sur leur ralliement mais qu'au contraire ils deviennent parfois les plus ardents défenseurs des causes qu'ils entendaient critiquer "de l'intérieur", et "positivement". La fin du message de Mgr Fellay est dure à entendre mais vraie : puisque rien ne change à Rome, alors Campos ira à la confrontation. Forcément. Et si Campos ne va pas à la confrontation, c'est qu'eux aussi feront "silence".
Enfin, une question : qui a envie, aujourd'hui, d'un accord de type Campos pour la FSSPX ? Je crois que d'un côté ou de l'autre des sacres, celà serait perçu comme une catastrophe. Tous ces accords particuliers ne sont possibles que grâce à la force et la fermeté de la FSSPX. Tant qu'elle tient bon, la survie de la Tradition est plus ou moins assurée et Rome est bien obligée d'en tenir compte.
Combien de temps survivrait la messe traditionnelle en cas de ralliement d'Ecône ?