Cher Justin,
Nous sommes avant tout des vases fragiles: les tradis l'oublient trop souvent. Ce que nous vivons, ce que nous aimons ne nous appartient pas. Il n'est même pas dit que nous soyons la génération qui en vit le mieux. Je pense même qu'une génération, qui aura du recul, analysera avec plus de sérennité la sitaution actuelle et qu'elle comprendra mieux ce que nous défendons. Nous ne sommes qu'un germe: attendons les développements futurs.
Bien sûr, ces "vieux tradis" ont été utile: ils ont permis de transmettre ce qui a failli être éteint. Mais soyons clairs: serait-ce une raison pour s'enorgeuillir et se donner des titres ? L'orgueil, ce vice capital, peut donner l'impression au petit troupeau qu'il est le meilleur et que, sous prétexte d'avoir mené le bon combat, il est en droit d'agir n'importe comment. L'orgueil peut relayer le modernisme efficacement là où ce dernier a échoué en l'aidant à détruire une vertu théologale qu'il n'a pu détruire: la Charité.
Pour vous répondre qu'il est nécessaire d'entretenir un certain compagnonage tout en restant prudent et lucide. Ces structures sont nécessaires, inélucatbles dois-je ajouter, mais elles ne sont que des instruments. l'Eglise étant une réalité divino-humaine, il est normal qu'un groupe humain existe: l'idéal serait qu'il soit transversal en ne se limitant pas à un milieu socio-politique. Même si tous les tradis, par miracle, professaient mes idées politiques et sociales, j'avoue que je serais gêné: grand serait le danger de confondre la Foi à un tissu périphèrique.