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"L’Eglise est contre la sexualité", un "cliché" devenu défi pastoral Imprimer
Auteur : JOUSTRATE
Sujet : "L’Eglise est contre la sexualité", un "cliché" devenu défi pastoral
Date : 2002-01-04 13:06:03

France: "L’Eglise est contre la sexualité", un "cliché" devenu défi pastoral
« France : témoin d’espérance pour le nouveau millénaire »

CITE DU VATICAN, Mardi 4 décembre 2001 (ZENIT.org) - Le premier défi à relever pour les catholiques,
pour la promotion du mariage et de la famille, est c'est celui d'une "vision positive de la sexualité", indique
Mgr Vingt-Trois. Ce "cliché" que "L'Eglise est contre la sexualité" est devenu un "défi" pour la pastorale
familiale.

"Il y a quelque paradoxe à affirmer que la France puisse être un témoin d’espérance pour le troisième
millénaire, surtout dans le domaine de la famille après la législation mise en œuvre dans notre pays
depuis bientôt trente ans. Aussi le bref développement du titre : "perspectives et défis" est-il le bienvenu",
indique Mgr André Vingt-trois au seuil de son exposé sur la famille en France, lors du symposium
organisé, le 1er décembre, à l'athénée pontifical "Regina Apostolorum", à Rome, sur le thème: « France :
témoin d’espérance pour le nouveau millénaire ». Mgr Vingt-Trois termine sur une note optimiste: "le bon
sens finira par l’emporter". Mgr Vingt-trois est archevêque de Tours et président de la commission
épiscopale française de la Famille. On peut se procurer les Actes du colloque en en faisant la demande à
l'adresse: France@upra.org .

Mgr Vingt-Trois présente un "bref inventaire des points sensibles qui marquent l’image de la famille dans
ce troisième millénaire qui commence". Il signale d'abord les "ruptures culturelles", puis présente le
premier défi qui se propose à l'Eglise: "vision positive de la sexualité" (pour répondre au slogan: "l’Eglise
est contre la sexualité", accusation non sans "fondements historiques"), explique que les jeunes
continuent de demander à l'Eglise ce qu'ils appellent un « vrai mariage » - deuxième défi -, et - troisième
défi - "le rapport entre les deux sexes". La question ne concerne pas seulement l'Eglise mais l'humanité,
souligne l'archevêque: "La position de principe du mariage unique et définitif est un témoignage que nous
devons continuer à donner sans aucune espèce de doute et d’état d’âme. Faute de quoi nous perdrions
notre crédit, ce qui n’est pas dramatique, mais surtout nous ferions tort à l’humanité entière et pas
seulement à nos propres fidèles". Et de conclure: "Je suis convaincu que le bon sens finira par l’emporter
sur les mythes de l’unisexualité ou de l’androgynie. C’est la réalité de notre foi en l’Incarnation qui est en
cause. Jésus n’était pas citoyen du monde, il était juif. Il n’était pas homme ou femme, ni homme et
femme, il était homme, vrai homme".

Parmi les "ruptures culturelles", Mgr Vingt-Trois signale la première "transformation des représentations
culturelles et des discours sur la réalité familiale", la première "mutation", concerne la "privatisation" qu'il
décrit en ces termes: "Peu à peu la norme sociale et le consensus qui pouvait la soutenir se délitent au
profit d’une conception de plus en plus étendue du domaine de la vie privée. Cette mutation est
clairement manifestée pour tout ce qui concerne le mariage et la vie familiale. Alors que, dans la période
précédente, le mariage était reconnu comme un lien social qui débordait les limites personnelles de
l’engagement des époux, on en vient très rapidement à ne considérer dans l’engagement matrimonial que
le simple contrat privé".

D'où la fragilité du lien. "Selon cette approche, explique l'archevêque français, il ne concernerait que les
deux intéressés et ne tiendrait dans la durée que pour autant que les époux veuillent le maintenir et y
trouvent chacun leurs intérêts. Dès lors, la dissolution de ce lien n’est plus, elle aussi, qu’une affaire privée
dans laquelle la société n’intervient que dans les cas de conflits graves à arbitrer judiciairement. Mais on
ne considère plus que l’état a quelque chose à défendre dans la stabilité du mariage, et quelque chose
qui aurait une importance pour la société tout entière".

Le mariage est perçu comme un "engagement à temps limité", et le divorce "devient la simple expression
de l’étape à franchir à un moment donné". "Il est clair que cette extension statistique, -et surtout
psychologique-, du divorce donne de l’engagement conjugal une toute autre image que celle d’un
engagement définitif. Il accentue le sentiment qu’il s’agit d’un engagement provisoire", explique Mgr
Vingt-Trois.

Troisième "mutation": "la normalisation des changements", comme "conséquence logique de la
dissociation entre relation sexuelle et engagement personnel", d'où une "dévalorisation de la relation
sexuelle". "Dès lors que la relation sexuelle est détachée, au moins dans le discours, des relations
affectives, psychologiques et existentielles, elle devient un simple langage physique dans lequel le
partenaire n’a de consistance que dans cette relation elle-même. C’est à la fois une réduction de la
personne à ses performances sexuelles et une dévalorisation de la relation sexuelle détachée de tout
engagement interpersonnel".

Une conception qui se reflète dans l'éducation. Mgr Vingt Trois déplore que "les programmes de
soi-disant éducation sexuelle" se résument "à des conseils prophylactiques pour favoriser, sans risque,
les relations avec des partenaires multiples". "Le changement de partenaires et l’instabilité qu’il suppose
s’étend à une certaine apologie de l’homosexualité", ajoute l'archevêque.

Or, le premier défi auquel les chrétiens sont confrontés est d'abord d'ordre "médiatique", indique
l'archevêque: "Les slogans qui courent sur la conception chrétienne de la sexualité sont une sempiternelle
répétition d’un cliché : l’Eglise est contre la sexualité. Même si nous devons reconnaître que cette
accusation n’est pas sans certains fondements historiques, nous savons bien que, parallèlement à une
tradition de refus du corps, -tradition qui fut toujours suspecte dans le christianisme-, se développait une
réelle estime de la réalité physique de l’amour conjugal, au point d’en faire un des fondements et un de
signes du mariage valide. Comment expliquer cet entêtement dans la caricature de la doctrine et de
l’enseignement de l’Eglise ? Mon hypothèse est la suivante : ces idées toutes faites jouent un rôle
d’exorcisme. Elles permettent de récuser a priori non seulement le discours chrétien mais encore tout
discours raisonnable sur la sexualité, sans avoir à se donner la peine de l’analyser et de l’affronter dans
son contenu".

Le défi est aussi "anthropologique": la perspective de l'Eglise est "personnaliste". "Loin de sous-estimer
ou de mépriser la sexualité il en propose une compréhension positive en exposant les conditions éthiques
de cette positivité... L’union des corps y est toujours exaltée comme l’expression d’une catégorie
anthropologique fondamentale qui est celle du don interpersonnel. Dans cette perspective personnaliste,
on devient soi-même dans le don que l’on fait de soi par amour, en même temps que l’on permet à l’autre
de devenir lui-même. Si bien que la relation sexuelle n’est plus un lieu de domination et d’aliénation, mais
un lieu d’accomplissement dans une relation qui unit en une seule chair ce que la nature a donné séparé
(sexualité=séparation). Pour être achevé et accompli en plénitude, encore faut-il que ce don soit un
engagement total, une perte de soi pour naître à la vie".

"La sexualité n’est plus alors, comme on nous la présente trop souvent, le règne de l’arbitraire des
pulsions dominé par l’angoisse des dangers. Elle est, jointe à l’union des esprits, la forme sacramentelle
de la communion des personnes". D'où le défi qui attend les éducateurs: "L’enjeu de cette espérance ne
sera atteint que si nous développons nos capacités de présenter aux adolescents la relation sexuelle, non
comme une tombola des sentiments et des risques, mais comme l’aboutissement et le couronnement
d’un choix de toute la personne engagée dans une relation affective et responsable".

Pour ce qui est de la "demande", plus de 250.000 jeunes français se présentent chaque année pour se
marier à l’église, indique l'archevêque de Tours. Ils disent souhaiter un "vrai mariage", "un mariage qui
apporte plus de sécurité et de garanties que le mariage civil". Mais attention aux "illusions" ajoute Mgr
Vingt-Trois: "L’image que donne l’Eglise catholique d’être promotrice d’un vrai mariage est directement
liée à sa conviction exprimée sur l’engagement définitif, à son application dans le rejet du divorce comme
première et seule solution de toutes les crises conjugales et à son refus de célébrer une seconde union
après divorce".

L’approche pastorale de "situations douloureuses" doit être améliorée, remarque Mgr Vingt-Trois. "Mais
la position de principe du mariage unique et définitif est un témoignage que nous devons continuer à
donner sans aucune espèce de doute et d’état d’âme. Faute de quoi nous perdrions notre crédit, ce qui
n’est pas dramatique, mais surtout nous ferions tort à l’humanité entière et pas seulement à nos propres
fidèles".

Mgr Vingt-Trois rappelle les trois "conditions fondamentales du mariage" que sont liberté, unicité et
fécondité". Une conception qui, dit-il, "rejoint très profondément les attentes de ceux qui décident de se
marier alors que plus rien ne les y oblige, ni pression sociale, ni avantages fiscaux, financiers ou
administratifs. A fortiori, il rejoint les attentes de ceux qui viennent se marier à l’église, alors qu’ils y sont
encore moins poussés, même s’ils sont peu attachés à la foi".

"Le troisième défi qui nous attend est celui du rapport entre les deux sexes, continue l'archevêque. Nous
savons combien les représentations de chacun des sexes, de leurs rôles et de leurs missions, des
relations mutuelles qui en découlent, sont marquées par les accentuations culturelles d’une société et
sujettes à évoluer à mesure que les conditions sociales et culturelles évoluent elles-mêmes. Il n’est donc
pas surprenant que dans ce domaine, plus qu’en d’autres peut-être, les indications héritées de la tradition
chrétienne soient soumises à examen et contestées dans leur permanence à travers les différents
systèmes sociaux".

Après avoir examiné l'Ecriture Sainte, Mgr Vingt-Trois interroge: "Est-il besoin de la Révélation biblique
pour constater qu’il y a de réelles différences entre l’homme et la femme ?". Il soigne ce "paradoxe":
"Nous n’avons jamais été aussi informés sur les interactions du corps et de l’esprit et nous feignons de
les ignorer pour n’en pas tenir compte". "Cette différence fondatrice entre l’homme et la femme s’exprime
et se réalise normalement dans des différences de rôles et de missions".

Car "évolution" ne signifie pas "disparition" de ces différences. "La mission commune des deux sexes de
contribuer, chacun selon ce qu’il est, à la conception et à l’éducation des enfants, ne retire pas à la femme
l’exclusivité de la maternité, pas plus qu’elle ne retire à l’homme le rôle de la paternité", précise Mgr
Vingt-Trois. Plus encore, "cette différence est un plus pour l’humanité et pour l’Eglise... Elle seule permet
à l’homme et à la femme d’exprimer chacun le meilleur de ses possibilités".

Défendre une telle conviction est un défi "dans une culture occidentale qui fait de la fusion son mode
habituel de relation". "Mais je suis convaincu que le bon sens finira par l’emporter sur les mythes de
l’unisexualité ou de l’androgynie. C’est la réalité de notre foi en l’Incarnation qui est en cause. Jésus n’était
pas citoyen du monde, il était juif. Il n’était pas homme ou femme, ni homme et femme, il était homme, vrai
homme", conclut Mgr Vingt-Trois.
ZF01120406

 



La discussion

      Jean-Claude Guillebaud sur Radio Notre-Dame et sur [...], de ATHANASE [2002-01-03 12:36:16]
          J'écouterai cette émission..., de Torquemada [2002-01-03 13:14:14]
              "les livres portant sur la sexualité...", de A X [2002-01-03 13:25:48]
                  A quel propos voulez-vous débattre d'ébats ? (pt [...], de Leopardi [2002-01-03 13:50:21]
                  Amusant ?, de Torquemada [2002-01-03 13:53:49]
                      Lui aussi en parle, de BILLIG Marc [2002-01-03 20:08:09]
                          "Il réconcilie d'ailleurs le catholique avec la s [...], de Torquemada [2002-01-03 21:13:04]
                              Ah parce que , de SOMBREVAL [2002-01-03 23:55:08]
                                  Très franchement, de ARNAUD Xavier [2002-01-04 08:32:34]
                                      Suffisamment clair, de Petipeu Justin [2002-01-04 09:30:28]
                                      Je regrette que l'on... , de ATHANASE [2002-01-04 10:47:03]
                                      "L’Eglise est contre la sexualité", un "cliché [...], de JOUSTRATE [2002-01-04 13:06:03]
                                          Mgr Vingt-Trois, de Petipeu Justin [2002-01-04 13:25:47]
                                              Je n'ai pas compris le sens de votre phrase, de Leopardi [2002-01-04 14:21:40]
                                                  Je ne peux..., de Petipeu Justin [2002-01-04 14:36:45]
                                                      Vous êtes un sacré blagueur Justin !, de ATHANASE [2002-01-04 15:36:01]
                                              Je croyais , de C Christian [2002-01-05 09:38:52]
                                      Certes, mais..., de Torquemada [2002-01-04 13:38:24]
                                      La sexualité, dimension fondamentale de l'Amour!, de BILLIG Marc [2002-01-04 22:36:14]
                                          Votre témoignage... , de ATHANASE [2002-01-04 23:40:46]
                                          Bravo !!!, de Petipeu Justin [2002-01-04 23:43:32]
                                      Seuls les charismatiques, de ? ? [2002-01-04 22:40:22]
                                          Les communautés catholiques, de C Christian [2002-01-05 09:45:26]
                                      Le suicide, de C Christian [2002-01-05 09:49:27]
          Debriefing, if you please., de De Spychow [2002-01-08 12:45:34]