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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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1er dimanche de l'Avent : homélie de M. l'abbé BONNETERRE Imprimer
Auteur : ARNAUD Xavier
Sujet : 1er dimanche de l'Avent : homélie de M. l'abbé BONNETERRE
Date : 2001-12-05 23:23:15

HOMELIE DU PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT




Mes biens chers frères,

Au moment où nous entrons dans l'Avent, je voudrais me pencher aujourd'hui avec vous sur une Epître trop peu connue : l'Epître de Saint Jacques ; retenons de ce texte, qui convient si bien au temps liturgique, la dominante de tout l'écrit de l'Apôtre : l'appel au silence.

" Il faut que tout homme soit lent à parler "

Profitons donc, pour préparer Noël, de cette insistance de St Jacques sur l'importance du silence, pour essayer d'abord de le définir.
- Le silence est indispensable à notre vie morale, pour fuir l'orgueil, la médisance et la calomnie…
- Mais il est aussi une porte…la grande porte qu'il faut franchir si l'on veut entrer un jour dans la vraie vie, la vie intérieure ; où Dieu nous parlera…si nous savons nous taire et écouter : " Il faut que tout homme soit prompt à l'écoute ", nous dit aussi St Jacques.
Se taire pour ne plus pécher, mais aussi pour écouter ce que Dieu et le prochain ont à nous dire. En un mot, se taire pour exercer la Charité.


Au chapitre 3 de cette Epître, St Jacques développe son mot d'ordre de silence. Voici le texte :
" Si quelqu'un ne commet pas d'écart de paroles, c'est un homme parfait, il est capable de réfréner tout son corps.
Quand nous mettons aux chevaux un mors dans la bouche, pour nous en faire obéir, nous dirigeons tout leur corps. Voyez encore les vaisseaux : si grands qu'ils soient, même poussés par des vents violents, ils sont dirigés par un tout petit gouvernail au gré du pilote. De même, la langue est un membre minuscule et elle peut se glorifier de grandes choses ! Voyez quel petit feu embrase une immense forêt : la langue aussi est un feu.
C'est le monde du mal, cette langue placée parmi nos membres : elle souille tout le corps ; elle enflamme le cycle de la Création, enflammée qu'elle est par la géhenne. Bêtes sauvages et oiseaux, reptiles et animaux marins de tout genre sont dompté et ont été domptés par l'homme. La langue au contraire, personne ne peut la dompter : c'est un fléau sans repos. Elle est pleine d'un venin mortel.
Par elle, nous bénissons le Seigneur et Père et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi ". (St Jacques, III, 2-10)

Ce texte de St Jacques, qu'il faudrait méditer souvent, est une invitation pressante, véhémente, pourrait-on dire, à observer le silence extérieur, gouverner sa langue, savoir se taire. St Jacques insiste sur le fait que cela est difficile, c'est comme mettre un mors à un cheval non dressé…mais c'est un combat essentiel : si on sait gouverner sa langue, on sait se gouverner soi-même, selon le principe : " qui peut le plus peut le moins ".
Pour nous encourager à maîtriser notre langue, St Jacques montre les tragiques conséquences d'une langue qu'on laisse aller à tous les penchants mauvais qui sont en nous : " elle est un feu, dit-il, qui enflamme tout le cycle de la Création ".
Par ses jugements méchants et inconsidérés, par ses médisances et ses calomnies, la langue peut mettre à feu et à sang les familles les plus unies, les communautés et les sociétés les plus homogènes. La langue peut même tuer : c'est St Augustin qui dans l'office des Ténèbres du Vendredi Saint parle du " gladius lingus ", " le glaive de la langue ", avec lequel les Juifs ont tué le Christ. C'est d'ailleurs juste après avoir parlé de la langue que St Jacques parle de discorde :
" Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d'un frère ou qui juge son frère médit de la loi et juge la loi.
Or si tu juges la loi, tu n'es pas l'observateur de la loi, mais son juge. Il n'y a qu'un seul observateur et juge : Celui qui peut sauver ou perdre. Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? " (St Jacques IV, 11-12)

Disciples de Celui qui a prié pour que nous soyons un comme Lui et le Père sont un, il faut apprendre à gouverner notre langue, il faut apprendre à nous taire.

Mais il est un autre silence…tout aussi important, c'est le silence intérieur. Il touche directement à la vie du même nom, à la vie au-dedans, à cette vie d'amitié avec Dieu qui se situe au plus intime de nous-mêmes. En effet, même si Dieu est présent en nous lorsque nous sommes en état de grâce, (pensez à ce mystère, mes biens chers frères, Dieu présent dans notre âme, la Sainte Trinité en nous…), Dieu nous est présent, mais nous ne sommes pas présents à Dieu.
Dieu est là, il nous attend….et nous, nous parlons, nous n'arrêtons pas de nous parler à nous-mêmes. Nous avons deux sujets méprisables de conversation intérieure : nous-mêmes et le monde.
Nous sommes dans un monologue permanent avec nous-mêmes. La moindre de nos actions, la moindre de nos paroles, nous la revivons et la retournons sous toutes les facettes. Nous sommes encombrés de nous-mêmes. Le monde nous encombre également…et le pilonnage des médias n'est pas fait pour apaiser nos esprits. Nous-mêmes et le monde…dans le passé et dans le futur, ces deux parties du temps où nous nous réfugions sans cesse, absents que nous sommes au présent de Dieu ! Faire taire sa mémoire, faire taire son imagination : c'est le silence intérieur.
Silence intérieur, bien plus difficile à réaliser que le silence extérieur, car nos facultés mentales ont été blessées par le péché originel, et notre imagination comme notre mémoire sont des facultés que nous ne pouvons contrôler qu'avec beaucoup de difficultés, et une inlassable persévérance et patience.

Savoir se taire…pour écouter.

En effet, le but recherché par l'effort de silence est positif. Comme toute ascèse, le silence est finalisé par l'union à Dieu. JAMAIS le catholique ne cultive l'ascèse pour elle-même. JAMAIS le catholique ne cultive le silence pour trouver le vide, à la façon des mystiques d'Extrême-Orient.
Le catholique ne cultive pas le silence pour lui-même…il est constamment à la recherche de Dieu. Il se tait pour écouter, pour écouter Dieu qui a tant à nous dire. Dieu qui justement nous a dit par le prophète Osée : " va dans le désert et je te parlerai au cœur ". Le désert, c'est avant tout le silence…c'est là que Dieu nous parlera au cœur. Faisons taire ces interminables conversations avec nous-mêmes et avec le monde, nous serons prêts à entendre ce que Dieu a à nous dire…prêts à entendre les exigences de son Amour.

Se taire pour exercer la Charité envers Dieu ; l'écouter. Il a tant à nous confier en notre temps où plus personne ne l'écoute.
Se taire pour exercer aussi l'autre volet de la Charité : l'amour envers le prochain. Savoir écouter le prochain et pour cela, ne pas parler, écouter. Mais aussi se taire intérieurement pour être pleinement réceptif, pour parvenir à le comprendre. Et même si parfois nous ne savons que dire, notre prochain aura au moins eu la consolation d'être écouté, d'avoir été compris…

" Il faut que tout homme soit lent à parler ! "

Que cet ordre de St Jacques soit pour nous tous durant cet Avent un nouveau point de départ.
- l'importance du silence…nous l'avons souligné par rapport à tous ces péchés lamentables de médisances et de calomnies qui font tant de mal au prochain.
- Nous l'avons aussi souligné par rapport à la vie intérieure, par rapport à ce Dieu qui est en nous et que nous ne laissons pas parler.

Le silence est essentiel mais il n'est pas tout, il est une porte. Il est la porte qu'il faut franchir pour trouver Dieu. Celui qui se tait trouvera Dieu, car il lui est déjà un peu semblable, selon le mot attribué à St Jean de la Croix :

" Dieu n'a qu'une parole, son Verbe.
Et cette parole, il la prononce dans un éternel silence ".

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La discussion

      1er dimanche de l'Avent : homélie de M. l'abbé B [...], de ARNAUD Xavier [2001-12-05 23:23:15]
          Tiens !?, de DECAILLET Bertrand [2001-12-06 10:09:44]
              Oui, mon cher Rousseau,, de ARNAUD Xavier [2001-12-06 20:43:34]
                  Ah !!!!!!!!! les braves gens !!!!!!-pdt-, de Petipeu Justin [2001-12-06 21:02:43]
                  Gladius lingus..., de Rousseau [2001-12-09 23:12:32]
                      , de DECAILLET Bertrand [2001-12-10 15:13:55]
                      , de ARNAUD Xavier [2001-12-10 22:38:30]
              CHER Bertrand DECAILLET, de Rousseau [2001-12-09 22:53:20]