Cher Monsieur,
Je m'appropierais bien volontiers les lignes que m'avait adressées Bertrand D. il y a quelques semaines.
Pour vous répondre, en l'occurrence, il ne faut pas du courage.
Encore une fois, le courage nécessiterait un risque, une crainte.
Or de vous, je n'ai aucune crainte.
Or de votre jugement, je me fiche.
Vous continuez à pratiquer le dénigrement à mon encontre.
Vous persistez à vouloir m'exclure de ces débats, menaçant "votre" carton rouge.
Je vous rappelle, cher Monsieur, que vous êtes ici sur un forum que j'anime personnellement.
J'ai conscience de toutes mes lacunes, de toutes mes faiblesses, et même de mes ignorances fort nombreuses.
Je n'ai donc pas la prétention de décerner à tel ou tel des points points ; tout juste m'autorisé-je parfois à approuver ou désapprouver tel ou tel propos, au regard de ma conscience, et de la façon qui est la mienne de percevoir la Vérité.
Je persiste à penser qsue lorsque l'on aime l'Eglise, on s'employe à aimer le Pape.
Bien sûr, vous allez me dire que c'est précisément votre amour pour l'Eglise, votre amour pour le Vicaire du Christ, qui vous poussent ainsi à dénoncer l'erreur, voire même l'apostasie que vous semblez déceler.
Je redis ici que tout cela est trop facile.
Notre Seigneur Jésus-Christ savait ce qu'Il faisait en laissant les rènes de Son Eglise Sainte à la responsabilité d'un homme.
Notre-Seigneur Jésus-Christ se serait-Il trompé ?
Non. Il nous demande de le suivre dans cette folie apparente.
Il est beau, il est louable de vouloir et de désirer de toutes ses forces que l'Eglise soit parfaite.
Mais l'on ne peut oublier la dimension humaine de l'Eglise.
Mon avis est que c'est précisément tout ce qui en fait sa fragile Beauté.
Je vous concède bien volontiers qu'il nous est parfois difficile de tout comprendre.
Je vous concède que des mots ou des actes peuvent nous sembler surprenants, déroutants voire même causes de scandale.
Mais qui sommes-nous ? que savons-nous pour nous poser ainsi en juges intraitables ?
Sommes-nous si sûrs de notre propre sainteté pour vilipander ainsi tel ou tel ?
Je ne le crois pas.
Je ne connais pas (sans pour autant dire qu'il n'y en ait pas eu ; je ne suis pas assez érudit pour l'écrire) de noms de saints qui se soient opposés au Pape en usant des mots qui sont les vôtres, sous couvert d'amour de l'Eglise, de la Vérité et du Christ, Notre Seigneur.
Je note par ailleurs que vous ne faites jamais référence aux Encycliques de Jean Paul II, au point que l'on pourrait se demander jusqu'à quel point vous les lisez.
Vous préférez vous contenter de signes, de gestes, qui ne vous sont généralement pas destinés.
Il me parait symptomatique de constater au sujet du discours de Jean Paul II en Jordanie, que cette affaire a été exhumée par non-ne-sait-qui bien des mois après que ce discours ait été prononcé.
A quelle fin ? A quel dessein ?
Pourquoi en effet personne n'a-t-il réagi au moment même du voyage du Pape en Jordanie ?
Je laisse cette question à votre réflexion.
Je ne terminerai pas ce message sans répondre à votre question.
Jusqu'où ?
Nous verrons bien.
Si aujourd'hui je reconnais avoir quelque humaine difficulté à suivre les demandes et attentes du saint Père, je préfère mener mon âme vers la prière que vers la révolte.
Je ne ferme pas les yeux. Je ne me fais pas sourd.
Mais je ne souhaite pas prendre part au débat, m'estimant bien trop petit pour pouvoir porter un jugement péremptoire.
Ne croyez pas que ce soit une solution facile.
Il est assurément plus facile de crier "au loup !"
Ce que je sais, c'est que cette souffrance offerte portera plus de fruits que des discours verbieux qui - consciemment ou non - finissent par faire le jeu du monde, qui n'attend qu'une chose : que l'on attaque l'Eglise, fut-ce en attaquant le Pape.
Je ne vous aurai pas convaincu, mon bon Monsieur, je le sais bien, en concluant ce message.
Je n'en avais quoi qu'il en soit pas la moindre chance en entamant ce soliloque.
Nos mots ne sont pas les mêmes ou ne veulent pas dire la même chose.
C'est précisément ce qui me fait dire que nous n'avons pas la même Foi.
Rien ne nous sert de nous exclure l'un ou l'autre du champ de la Vérité.
A l'heure du Jugement, il ne me semble pas que l'on nous demande à l'un comme à l'autre notre avis l'un sur l'autre.
Peut-être pourra-t-on s'entendre dire que nous nous étions mutuellement prévenus...
Et alors, NOUS SAURONS...
Chiche ?
Xavier ARNAUD
_ pascalien à ses heures
PS : à Rousseau : merci de ne pas surenchérir ( au propre comme au figuré...)