Message de Mgr Louis-Marie Billé,
Cardinal-Archevêque de Lyon,
à tous les diocésains
Noël approche. Noël est à notre porte. Le dimanche 2 décembre, lors de la célébration eucharistique, nous entendons le prophète Isaïe proclamer l'espérance
de l'humanité : "Le Seigneur sera le juge des nations, l'arbitre de la multitude des peuples. De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances,
des faucilles. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre." Dans la nuit de Noël, le chant des anges porte au monde
endormi le premier message de Noël : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime."
Le Prince de la paix apporte la paix. Mais, nous le savons, ce que Dieu nous accorde comme un don, il nous le confie comme une responsabilité. Certes,
chacun de nous peut avoir l'impression d'être tellement démuni devant les appels à la paix qui s'élèvent des événements douloureux, des conflits, des
injustices, des pauvretés de notre monde. Aucun de nous ne peut tout.
Mais chacun peut quelque chose, là où il est, pour qu'il y ait sur notre terre un peu plus d'amour, de solidarité, de paix et de partage, pour que notre monde si
difficile renaisse dans le mystère de la naissance du Fils de Dieu. Faire ce que nous pouvons faire ne nous empêche pas, bien au contraire, de penser à
l'humanité tout entière, pour laquelle la réconciliation, la justice, la paix, ne sont pas seulement le rêve de quelques idéalistes, mais bien une condition de survie.
Pour que nous entrions dans un Noël de paix, le temps de l'Avent va être jalonné par un certain nombre d'étapes, étapes de prière, étapes de rencontres,
étapes de partage.
- Je pense, bien sûr, à la fête du 8 décembre, la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Nous prierons Marie, et elle portera notre prière, pour que
Dieu, qui l'a préparée à être "une demeure digne de son Fils", prépare nos cœurs au don de la paix.
- Je pense à la journée du 14 décembre, que le Pape Jean-Paul II nous a demandé "de vivre comme un jour de jeûne", pendant lequel nous prierons "avec
ferveur, pour que Dieu accorde au monde une paix stable, fondée sur la justice, et pour qu'il intervienne afin que l'on trouve des solutions adéquates aux
multiples conflits qui troublent notre monde. Ce dont on se privera dans le jeûne pourra être offert aux pauvres, en particulier à ceux qui souffrent en ce
moment des conséquences du terrorisme et de la guerre."
- Les responsables religieux de Lyon préparent un message commun, qui invitera tous les habitants de notre région à réfléchir aux conditions de la paix en
cette étape de la vie du monde. J'espère que cela nous aidera à entrer dans l'esprit de la rencontre d'Assise, que le Pape a annoncée pour le 24 janvier 2002 et
que préparera le jeûne du 14 décembre.
- Je veux mentionner aussi deux visites prochaines. Même si tous, nous ne rencontrons pas les "visiteurs", leur présence et leur proximité peuvent nous aider
à faire nôtres la préoccupation de l'unité des Églises et le vrai désir de la paix. Je pense à Mgr Sabbah, Patriarche de Jérusalem pour les Latins, qui donnera
une conférence à Lyon, le 14 décembre, sur le thème : "Jérusalem a besoin de paix aujourd'hui". Je pense bien sûr à Karékine II, Catholicos et Patriarche des
Arméniens. Il vient rencontrer les chrétiens de son Église. Mais les catholiques ne peuvent que se réjouir de son passage en notre ville.
Ce sont là des jalons. Puissent-ils marquer notre marche vers ce moment de joie où, dans la nuit de notre terre, brillera la lumière de Noël !
Louis-Marie Cardinal Billé
Archevêque de Lyon
Lyon, ce 29 novembre 2001