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" SOUFFRANCE FŒTALE " -Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères Imprimer
Auteur : ORSEL Olivier
Sujet : " SOUFFRANCE FŒTALE " -Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères
Date : 2001-11-29 11:40:18

" SOUFFRANCE FŒTALE "
De la lamentable histoire de Mohamed Garne qui, pour être né du viol
collectif de sa mère, alors adolescente, par des soldats opérant en Algérie,
a obtenu, à la suite d’un jugement de la cour régionale des pensions, la
condamnation de l’Etat français à lui verser une pension d’invalidité, nous
retiendrons l’intervention du professeur Louis Crocq, psychiatre des armées
et consultant à l'hôpital Necker, rapportée par Le Monde du 12 octobre, et
dont les magistrats ont retenu la substance.

Selon ce praticien, suivi par le tribunal, Mohamed Garne est atteint « de
diverses infirmités, essentiellement psychiques » provenant de la rencontre
de trois causes dont l’une est, selon les termes mêmes du professeur, «
(…)une souffrance fœtale (…) éprouvée du fait des mauvais traitements et
tentatives d’avortement » infligés à sa mère.

En d’autres termes, voici que l’on condamne, au motif de souffrances
infligées à un homme lorsqu’il était à l’état de fœtus, alors que, depuis
1975, aucune condamnation ne peut être encourue par personne si, dans ce
même état de fœtus, ce même homme a été purement et simplement tué.

Laissons les distinctions entres les différentes natures de droit, les
diverses sortes de juridictions etc. Distinctions réelles, sensées, mais qui
ne serviraient ici qu’à écarter de la seule véritable question, requérant
une attitude logique et cohérente de la société : le fœtus est-il oui ou non
une personne humaine ?

Rappelons-le encore : en juin dernier, la Cour de cassation a confirmé un
jugement de 1998 de la Cour d’appel de Metz, refusant d’incriminer
d’homicide involontaire un conducteur ivre qui avait provoqué un accident à
la suite duquel une femme enceinte de six mois avait été victime d’un
accouchement prématuré ayant entraîné la mort de l’enfant. Rapportant cette
décision refusant clairement au fœtus la qualité de personne humaine, le
quotidien Libération se plaisait à souligner la logique imparable de la cour
et commentait en écrivant qu’il est évidemment « impossible d’assassiner
quelqu’un qui n’existe pas. » Simple "lapalissade" ajoutait le journal
officieux, sinon officiel, de l’orthodoxie républicaine qui précisait pour
que nul n’en ignore : « Là, la référence à l’avortement est explicite et
soulage tous les militants de l’IVG. »

Nous nous étions alors interrogés sur la cohérence intellectuelle entre ce
soulagement de tous les militants de l’avortement, et le titre en pleine
page, antérieur de moins d’un an, dans le même journal, : Le passager
illégal meurt avant de naître
.
Certes, les lamentations du journal de Serge July étaient alors prodiguées
au sujet de l’enfant d’une africaine en situation irrégulière, qui plus est,
victime, non pas d’un quelconque automobiliste ivre, mais de brutalités
policières. Toutefois, s’il faut donner aux mots le sens qu’ils semblent
avoir, cet enfant-là, lui, avait bien –selon Libération- été assassiné alors
que - également selon Libération- il aurait dû être supposé ne pas exister !

En même temps, nous avions relevé le grand écart de la Cour suprême de la
république qui, avant de refuser le statut de personne humaine à l’enfant
mort-né de l’automobiliste lorraine, l’avait au contraire implicitement
reconnu au trisomique Nicolas Perruche, et l’a reconnu depuis plusieurs
autres fois dans des situations analogues.

Alors, est-ce clair ? Le fœtus existe comme personne humaine et souffre
quand on le blesse, mais, sauf dans certains cas déterminés par Libération,
il n’existe ni ne souffre si on le tue ; il existe si bien comme personne
humaine qu’on peut lui faire subir telles analyses médicales propres à la
nature humaine, mais si ces analyses révèlent quelque maladie congénitale ou
acquise in utero, il cesse automatiquement d’exister puisque la loi autorise
à envisager de le tuer et à le tuer effectivement. Mais attention ! Si vous
n’y parvenez pas, c’est à dire s’il survit, diminué ou non, à votre
tentative d’assassinat, si vous ne faites que le blesser, si de votre acte
résulte un traumatisme durable, alors, sachez-le : il lui sera, pour pouvoir
vous condamner, rendu, sous le même rapport où on la lui avait retirée, la
plénitude de sa nature humaine.

On peut châtier le médecin échographiste qui n’aura pas vu les tares
congénitales d’un fœtus ; on ne peut pas châtier le médecin qui aura tué ce
fœtus.

Avec la loi Veil – revisée Aubry, l’héritier simplement conçu, sujet de
droit reconnu comme tel, cesse de l’être dès lors qu’un rival sur les
intérêts duquel il empiéterait, décide sa liquidation. On se souvient à cet
égard du mirobolant raisonnement de Monique Canto Sperber, philosophe bien
en cours, dont Le Monde a complaisamment présenté les thèses le 19 septembre
2000 : « Faisons l’hypothèse – dit-elle - que le fœtus est une personne et
qu’il est porteur d’intérêts ou de droits proprement humains (…) Il n’en
découlerait aucunement que l’avortement doive être prohibé moralement. Nous
aurions plutôt devant nous une situation de conflits d’intérêts vitaux, où
le développement des intérêts d’une personne, le fœtus, se ferait au dépens
des intérêts fondamentaux d’une autre personne, la mère.

Celle-ci pourrait admettre sans réserve que tuer un embryon est un mal,
qu’en d’autres circonstances elle ne ferait pas, mais que, pour l’heure,
elle ne peut agir autrement. »

Ce sera donc avec la plus grande attention qu’il faudra suivre les débats
d’un procès qui se déroulera à la Cour d’assises de Strasbourg dans lequel
l’accusé a tué la mère de son enfant au moment où celle-ci se rendait à la
clinique pour accoucher.

Quoi qu’il en soit, cette fois-ci, tout est vraiment clair : La "loi" n’est
plus la Loi ; l’ "ordre" c’est le désordre, et inversement. « Rome n’est
plus dans Rome ». La cité n’est plus qu’un lupanar et un coupe-gorge où le
plus fort impose sa loi au plus faible.

La vraie cité se reconstitue ailleurs invisiblement, car il ne peut en être
autrement, par les lois de la simple pesanteur sociale, là où l’on en
conserve les valeurs fondamentales nécessaires. Elle ne pourra se
reconstituer réellement, et les hommes ne pourront vivre à nouveau
conformément aux lois de leur propre nature, et assurer leur propre bonheur,
que lorsque la rupture formelle radicale avec cette "dissociété", selon
l’expression de Marcel De Corte, sera devenue l’exigence vitale du plus
grand nombre.

© Laissez-les-Vivre – SOS Futures Mères 2001

 



La discussion

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          où l'on constate, de Tolkien JRR [2001-11-29 12:45:33]
              En étant cinique..., de Ibnoullah [2001-11-29 19:46:39]
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