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SYNODE : LES CONSERVATEURS MARQUENT DES POINTS Imprimer
Auteur : Leopardi
Sujet : SYNODE : LES CONSERVATEURS MARQUENT DES POINTS
Date : 2001-10-10 14:22:18

Voici qui devrait mettre un peu de beaume au coeur de nombreux d'entre-vous. L'article est du chroniqueur de l'Espresso (le journal, pas le café) et qui semble assez bien pensant.

Bonne lecture à tous.


Leopardi


Synode : les conservateurs marquent des points

Durant les premiers jours de travail, ils ont été les plus actifs et applaudis, tandis que les progressistes demeuraient dans l'ombre, le tout sur fond de guerre.


Durant la première semaine du synode, qui réunit à Rome autour du Pape l'élite de l'épiscopat mondial pour parler du rôle de l'évêque , les conservateurs ont dominé le champ. Leurs interventions ont même été applaudies. Et leur suprême champion, le Card. Ratzinger a carrément recueilli une ovation.

Les piques les plus violentes sont venues de trois allemands de grande autorité, de deux polonais émergents, d'un colombien de curie présumé papable, et d'un pakistanais d'une diocèse devenu crucial, puisqu'il s'agit d'Islamabad. Voici leurs interventions dans l'ordre :

Card. Joachim Meister, archevêque de Cologne (2 oct).

Il a accusé "de nombreux évêques" d'être responsables de la "crise de la Foi dans l'Eglise" et de son "auto-sécularisation". Ceci parce-que, "face aux divergences au sein de l'Eglise", ils "renoncent à leur autorité" et se limitent au rôle de "modérateur", dans l'illusion que ces tensions soient source de fécondité et puissent amener à une future nouvelle synthèse.
Mais en procédant ainsi, l'évêque trahit ses devoirs; car l'évêque n'est pas un croyant privé mais un témoin public. Il doit défendre la Foi, corriger les erreurs et approfondir la vérité. Il est appelé à se prononcer sur ce qui est vrai et ce qui est faux.


Joseph Miroslaw, archevêque de Lublin (5 oct).

Il a dit que, "alors que durant le siècle dernier, diverses formes d'anthropologie ont donné naissance à deux systèmes totalitaires", aujourd'hui "on essaie de transformer la communauté humaine en une société de consommateurs. Dans cette approche, même les valeurs spirituelles doivent être remplacées par leur substitut commercial, offert par l'idéologie du New Age". Et il a accusé ceux qui cèdent à cette mentalité. Le rôle fondamental est joué par les Mass Média, pour qui tout ce qui est spectaculaire, et seulement cela est important. Ainsi, si l'on pouvait remplacer l'Evangile de la tradition chrétienne par un "Evangile selon les Médias", il est certain que le moment central de la liturgie serait constitué par le spectaculaire dimanche des rameaux, tandis que la prière silencieuse de Jésus au jardin des oliviers passerait inaperçue.

Tadeus Goclowski, archevêque de Danzig (5 oct).

Ce dernier a ironisé sur le paupérisme de l'"après-concile", lorsque "les évêques vendaient leurs palais et portaient des crosses de bois" (Note : heureusement que Lulu n'était pas là). "Car il faut bien plus que s'habiller en pauvre", a-t-il continué. Le danger de l'actuelle mentalité démocratique, est que celle-ci veut entrer dan l'Eglise. Dans certains lieux, on voit le peuple désirer élire son évêque ou décider, selon son propre avis, ce que devrait être l'enseignement de l'Eglise, alors que "le pouvoir de l'Eglise vient du Christ et non de l'homme".

Anthony Theodore Lobo, évêque d'Islamabad (5 oct)

Citant Karl Rahner et le sociologue américain Talcott Parsons, il a dénoncé la "culture sacerdotale corrompue, qui malheureusement prédomine dans de nombreux endroits". Le désastre commence dès la formation des séminaristes. "Il semble qu'ils remplissent le vide de leur âme par trois moyens : les loisirs "films, internet,...", le mépris de l'enseignement de l'Eglise, et le troisième qui se rencontre surtout chez les religieux, une "exaspsération de la dimension prophétique de la vie chrétienne". Le résultat est que de tels prêtres deviennent eux-même "un problème pour l'Eglise, au lieu d'être une solution".

Paul Josef Cordes, archevêque, président de la Commission pontificale Cor Unum (6 oct).

Il a sévèrement critiqué la dérive sociale de l'Eglise. "Aujourd'hui, de nombreux programmes de charité chrétienne sont interchangeables avec ceux de la Crois Rouge ou de l'ONU. La gestion chrétienne a peu d'impact sur les but poursuivis. En conséquence, certaines institutions ecclésiastiques ne sont considérées que comme des agence humanitaire ou philanthropiques". Une "telle perte d'identité amène à une grave réduction et à une sécularisation qui fait perdre de vue Jésus, modèle biblique de toute forme d'amour du prochain; Car lorsque le Seigneur guérissait les malades et rassasiait les affamés, son action était toujours en rapport avec l'annonce du règne de Dieu".


Card. Joseph Ratzinger (on ne le présente plus) 6 oct.

"Le monde a soif de connaître le feur que jésus a porté sur la terre, et non nos problèmes internes. "Il n'y a que si ce feu est allumé en nous qu'il touchera le coeur de nos contemporains. Cette annonce exige le courage de la Vérité et la disponibilité pour souffrir de cette Vérité. Le problème central contemporaine est la disparition de la figure historique du Christ. Un Jésus appauvri ne peut être l'unique sauveur et médiateur, le Dieu-avec-nous". Jésus est de nos jours substitué par l'idée des "valeurs du royaume" et devient une espérance vide de sens. Nous devons revenir avec clarté au Jésus des Evangiles car Lui seul est le vrai Jésus historique. Si les évêques ont le courage de juger et de décider avec autorité dans ce combat pour l'Evangile, la décentralisation souhaitée (des pouvoirs de l'Eglise voulue par le progressistes) se réalisera automatiquement.


Card. Dario Castrillon Hoyos (on ne le présente plus non plus) 8 oct.

"L'homme de la modernité vit de la prétention de l'homo autonomus". De cette idée surgissent indépendance et démocratie. Il en est de nombreux qui habillent cette idée des termes de "communion" et "collégialité", ces termes se trouvant théologiquement affaiblis. Mais l'évêque dominé par la peur ne sera ni l'homme de l'Evangile, ni l'homme de l'espérance. Effrayé face à l'opinion publique, il ne préservera pas la Foi par une correction opportune des erreurs". "Contre la sécularisation, l'apostasie de fait et l'asservissement à la mode, il faut des évêques qui guident l'Eglise avec courage, dans la lignée des Ignaces, Irénée, Athanase, Eusèbe de Vercelli, Borromée, Faulhaber et de ceux qui, au-delà du rideau de fer, ont défendu et maintenu la Foi.".


QUANT AUX PROGRESSISTES

Le camp des progressistes était plutôt mou. Il a ressassé une seule proposition de réforme : une meilleure collégialité de gouvernement de l'Eglise, avec plus de poids des synodes épiscopaux et plus d'autonomie des instances périphériques (évêques et conférences épiscopales). À l'égard du pape et de la curie. A cet égard, certains ont demandé que soit appliqué le modèle de subsidiarité en usage dans les fédérations.

Les plus virulents dans ces requêtes ont été l'évêque de Sion, l'archevêque de Calcutta D'Souza, le card. Belge Daneels, mais surtout des représentants des églises orientales : Louis Pelâtre, évêque d'Istanboul, Grégoire III, patriarche des grecs-melchites d'Antioche et Papamanolis (et non papamobile NDT), évêque de Syros en Grèce. Ces derniers ont revendiqué avec force la tradition orientale de la synodalité et des patriarcats comme modèle de gouvernement apte à tempérer l'autorité des évêques avec celle des titulaires des Eglises mères, y compris Rome.

Un élément nouveau ressortant de ce débat est que la demande d'une plus grande collégialité n'est plus l'apanage des seuls progressistes, mais qu'elle a également été formulée par des conservateurs, sous une forme plus "apprivoisée". Pour de petites réformes allant dans ce sens, se sont prononcés le président de la CE des USA J. Fiorenza, le card. Allemand Wetter, l'indien Toppo, le prés.de la CE brésilienne JH Chemello et même le card. JB Re, préfet de la Congrégation des évêques.

De son côté, le card. Ruini a ironisé sur ce sujet en faisant appel à mai 68.

"A l'époque où le concile V2 a reformulé les rapports entre le primat du Pape et le pouvoir collégial des évêques, la reconnaissance de l'autorité du Pape était partagée. Peu après, est intervenue une sorte de "révolution culturelle" qui a remis en question l'autorité à tous les niveaux de la société civile et même ecclésiastique...



 



La discussion

      SYNODE : LES CONSERVATEURS MARQUENT DES POINTS, de Leopardi [2001-10-10 14:22:18]
          Souhaitons..., de Petipeu justin [2001-10-10 14:37:34]
              pas Meister ..., de Raoult Arnaud [2001-10-10 20:23:09]
              réaction ou contre révolution, de A E [2001-10-12 00:43:43]